La double maille : une solution responsable pour préserver les bars

Les quotas pêche font débat depuis quelques années et si le bar est une espèce danger, il reste néanmoins légitime (et réglementaire) d’en prélever un de temps à autre pour mêler plaisir de la capture et plaisir des papilles… La maille réglementaire est aujourd’hui à 42 cm, mais rien n’interdit de se fixer ses propres limites.

42 cm minimum pour les bars

Depuis le 31 octobre 2012, la taille légale de capture du bar est passée de 36 cm à 42 cm. En effet, 42 cm semble être la taille biologique à laquelle un bar se serait reproduit au moins une fois. Ainsi, le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a publié un arrêté alignant la taille légale de capture sur la taille biologique de l’espèce.

Cependant s’il n’est peut-être pas toujours aisé de capturer un bar de cette taille, est-il raisonnable pour autant de le conserver pour l’assiette ? Il s’agit là d’un poisson de moins de 1kg, qui s’est à priori reproduit une seule fois, voire peut-être jamais !

Faut-il conserver les poissons-trophées ?

Chacun d’entre nous à chaque sortie rêve d’un gros poisson, d’un record… S’il est évident de constater que l’espèce se raréfie, il est vraisemblablement légitime de croire que nos chances de pêcher ces fameux trophées diminuent elles aussi. Le fait de conserver ces poissons lorsque l’occasion se présente est-il alors une bonne chose pour la préservation de l’espèce et de notre plaisir ?

Darwin : les plus gros sont les plus forts

Un trophée prélevé est un trophée qu’on ne reprendra plus… Mais au-delà de ça, Darwin est formel : selon lui dans une espèce seule survit la lignée de ceux qui sont aptes à survivre en temps de crise (donc les plus malins, ceux qui vont devenir les plus gros !) et ceux qui sont aptes à se reproduire. Il s’agit de la théorie de la sélection naturelle.

Ainsi un gros poisson est, non seulement celui qui produit la plus grosse quantité d’œufs, mais aussi celui qui possède le meilleur patrimoine génétique. Ce patrimoine qui contient les gènes pour déjouer les pièges et les gènes de croissance record… Faire en sorte de conserver et faire perdurer ce patrimoine génétique nous permettrait sans doute de pêcher plus fréquemment ces trophées !

Différentes logiques de gestion

Dans les différents pays du globe, en eau douce comme en mer, les pratiques sont différentes. Même en France, en eau douce, en fonction des AAPPMA qui gèrent les cours d’eau et plans d’eau, il existe différents systèmes de maille :

  • La taille minimale de capture, comme pour le bar, visant à laisser chaque poisson se reproduire au moins une fois dans sa vie.
  • La taille maximale de capture visant à préserver les meilleurs reproducteurs et les poissons possédant le meilleur patrimoine génétique.
  • Et la double maille qui est la combinaison des deux précédentes.

Vers la double maille

Pour ma part, bien que prélevant que très rarement un bar, je ne suis pas un extrémiste du no-kill. Alors je m’impose une éthique personnelle, celle de ne conserver que des poissons compris dans la tranche 55cm-65cm. Ainsi je suis certain qu’ils aient eu l’opportunité de se reproduire (et en deçà de 55cm, difficile de faire un repas pour 4…) et que les plus gros poissons puissent continuer à transmettre ses fameux gènes « record ».

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