Le samedi 10 janvier, il était toujours impossible de télécharger l'application RecFishing sur l'Apple Store. Le site internet a pourtant été bien mis en ligne et la version Androïd sur Google Play était disponible quelques heures, avant de disparaître. "En raison de difficultés techniques, peut-on lire dans un communiqué de presse du Ministère de la Transition Écologique, la Commission européenne n'est pas en mesure de mettre en ligne l'application européenne RecFishing pour l'enregistrement et la déclaration des prises des pêcheurs de loisir. Dans ce contexte, les obligations d'enregistrement et de déclaration qui devaient entrer en vigueur au 10 janvier 2026, sont reportées à une date ultérieure".
Avant l'été 2026 ?
Le calendrier n'a pas été précisé. Mais le Ministère évoque "plusieurs semaines" de retard. "La Commission doit prochainement proposer un calendrier de diffusion dans les différents Etats membres et préciser ainsi la date d'ouverture de la plateforme électronique pour la France dans les prochaines semaines", précise le communiqué. Conséquence : les pêcheurs de loisir n'ont pas aujourd'hui à s'enregistrer ou à déclarer leurs captures dans cette période transitoire. Il y avait bien une solution de remplacement à mettre en place via des déclarations papiers, mais cela semble trop compliqué à gérer.

2,5 millions de Français concernés
Rappelons que RecFishing doit permettre de s'enregistrer et de déclarer ses captures même si l'on pratique le no-kill. L'objectif est multiple : "Les données recueillies auprès des pêcheurs de loisir permettent d'améliorer la connaissance sur les pratiques de pêche et sur l'état des ressources de poissons, explique le gouvernement français sur une page dédiée aux 2,5 millions de pratiquants. La meilleure connaissance des pratiques contribuera à lutter contre les pratiques illégales, afin de garantir une protection renforcée des espèces et des milieux marins".
Comment ça marche ?
Seuls les pêcheurs de +16 ans seront concernés. Il faudra s'enregistrer gratuitement une fois par an sur l'application, puis déclarer ses prises lors de chaque sortie, pendant ou juste après, du moment que ce soit le jour même. Une première liste d'espèces sensibles a été dressée, elle évoluera jusqu'en 2029. Aujourd'hui, pour la Mer du Nord, la Manche et l'Atlantique, il faudra déclarer les bars, les lieus jaunes, les dorades roses et les thons rouges. Pour la Méditerranée, les dorades coryphènes, les thons rouges et les dorades roses seront concernés. L'application demandera le nombre, la taille, le poids, le lieu ou encore la technique utilisée. Même les pêcheurs en no-kill devront s'y soumettre.

Pourquoi les pêcheurs ne sont pas contents ?
L'obligation de déclarer ses prises a entraîné une levée de boucliers avant même la sortie de l'application. C'est justement cette dernière que les récalcitrants entendaient boycotter. Sans y être forcément contre, il y a en fait des inquiétudes : manque d'efficacité, non-respect de la consultation publique, flou sur l'utilisation des données du no-kill… Le report de la mesure ne fait qu'ajouter de l'eau à leur moulin.

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