La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, parle de « solidarité ». Ce terme renvoie à un effort partagé dans un contexte de chute brutale du quota professionnel, passé à 16 000 tonnes en 2025 puis à 2 400 tonnes en 2026. Son message : chacun doit contribuer à la préservation du stock. Oui mais... tout le monde n'a pas contribué à l'extinction de ce stock, surement pas la pêche de loisir.
Une solidarité assumée par l'État
Dans son entretien à Ouest-France, Catherine Chabaud revendique clairement la mesure. « Nous allons en effet mettre en place un quota de 5 maquereaux par jour et par pêcheur de loisir. » Le contexte est lourd. Le quota professionnel français chute à 2400 tonnes en 2026, après une réduction globale proche de 70 %. La ministre parle également de solidarité entre acteurs de la filière. Si j'étais conseiller de la Ministre, voilà un terme que j'aurai mis au placard.

En effet, les petits métiers de la pêche professionnelle subissent également un sanction pour une faute dont ils ne sont pas responsables. Ces pêcheurs professionnels de petite taille, fortement dépendants du maquereau, recevront alors 400 tonnes redistribuées. Dans les faits, c'est presque une provocation pour les artisants professionnels comme les pêcheurs de loisir. D'ailleurs, aucune compensation n'est prévue ni pour les professionnels, ni pour tous les emplois générés par la pêche de loisir.
La question de la proportion
Sur le principe, intégrer la pêche de loisir dans la gestion globale des stocks n'a rien d'illégitime. Mais la solidarité suppose une proportionnalité. Or les estimations disponibles situent le prélèvement loisir autour de 100 tonnes annuelles en Atlantique.

Rapporté aux 16000 tonnes capturées par les professionnels en 2025, cela représente environ 0,65 %. Moins de 1% ! À cette échelle, la pêche récréative ne structure pas la pression halieutique. Je vous explique mes calculs dans l'article suivant de ce dossier.
Un symbole politiquement risqué
Le maquereau n'est pas une espèce ordinaire. Il incarne la pêche d'initiation, les digues estivales, la transmission. Il incarne les vacances en bord de mer avec ce sentiment d'évasion partagé en famille, loin des contraintes du quotidien. Fixer le plafond à 5 poissons donne un signal d'autorité. Mais un seuil plus souple, 10 ou 15 maquereaux, limiterait les excès sans entamer le sentiment de liberté qui fonde la pratique. La troisième partie de ce dossier détaillera les calculs précis. Ils permettront d'évaluer si la solidarité invoquée correspond réellement au poids de la pêche de loisir, ou si l'on se trompe de cible sur une espèce hautement symbolique. Un affront polique pour plus d'un million de pêcheurs et électeurs.
Sommaire du reportage
1

/ 









