Cormorans et pêche de nuit : les réponses du président Claude Roustan

Le président de la FNP répond aux questions. © Bensussan Nicolas

À l'occasion des Assises Nationales de la pêche de loisir organisées à Paris les 28 et 29 janvier, Claude Roustan a accordé une interview à Peche.com. La suite d'un entretien dans lequel il fait le point sur les principaux dossiers brûlants qui concernent aujourd'hui la pêche en France, dont le problème des cormorans et la pêche de nuit.

L'actualité c'est aussi les cormorans. Les tirs de régulation peuvent reprendre. Quels sont les premiers retours ?

Il y a quelques fédérations qui ont réussi à avoir les arrêtés, mais pas assez à mon goût. On sent bien qu'au niveau de l'administration locale, il y a quelques réticences. Elles ont peur que les arrêtés soient attaqués. On se bat, avec la direction de la FNPF, sans arrêt,on va encore solliciter le Ministre la semaine prochaine pour lui dire d'essayer d'influencer les services de l'Etat dans les départements, d'essayer de nous faciliter la tâche. Même si le Ministère envoie des notes auprès des DDT, les fonctionnaires sont toujours un peu réticents. Les choses avancent, petit à petit, on continue, on fait le forcing, on ne baisse pas les bras.

Répondre aux questions des pêcheurs.
Répondre aux questions des pêcheurs.

Autre sujet débattu par le monde de la pêche depuis des années et remis sur le devant de la scène récemment, la pêche de nuit. Avec par exemple la création de parcours spécifiques. Y êtes-vous favorable ? 

Il y a déjà eu des réunions sur ce sujet. Vous savez, j'essaie de faciliter la pêche de loisir au niveau de la réglementation car on a déjà trop de réglementation en France. Il faut aussi qu'on arrête d'enquiquiner le pêcheur. Et qu'on arrête de se tirer nous-même des balles dans le pied. Chaque fois qu'on veut quelque chose, on a toujours quelqu'un de notre propre réseau qui dit "ah mais ici il faut protéger…". Pour aller à la pêche aujourd'hui il faut un guide énorme pour lire toute la réglementation, là il faut une option, là une autre, là c'est autorisé, là c'est interdit… Après on s'étonne que les gens vont vers la pêche privée. La pêche de nuit, moi je suis ouvert, je suis ouvert à tout ce qui peut faciliter la pratique de la pêche. Mais encore une fois, parfois, ce n'est pas l'administration qui bloque. On se bloque nous-même.

De nombreux sujets à débattre.
De nombreux sujets à débattre.

La simplification de la réglementation, c'était l'un des arguments du président de la fédération de pêche du Tarn-et-Garonne qui autorise désormais la pêche des carnassiers pendant la fermeture du brochet comme en Aveyron. Est-ce que vous seriez favorable à une ouverture généralisée, il faudrait peut-être modifier le Code de l'Environnement ?

On peut le modifier mais tant qu'il y a un texte qui dit que le préfet peut modifier la règle, c'est possible. Moi je suis prêt à tout regarder. Je n'ai pas de tabou là-dessus. Mais si on généralise ça, il y a des fédérations qui diront qu'elles ne sont pas d'accord. Je vous en fais le pari. On aura des oppositions. Mais je reste sur l'idée générale, et il faut le voir comme ça, que tout ce qui peut aller dans le sens de faciliter l'exercice de la pêche et de la promouvoir, je suis favorable. Et je continuerai à être dans cette démarche.

Merci à Claude Roustan de m'avoir accordé de son temps pour répondre aux questions que de nombreux passionnés de pêche se pose.

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