En 2026, la carte interfédérale coûte 114 euros. Elle est la plus vendue en France et permet de pêcher dans la quasi-totalité des départements français. Petit aparté pour commencer : on parle bien de carte de pêche et non de permis de pêche, je remarque encore beaucoup de confusions chez les pêcheurs. Un permis nécessite un examen de passage (permis voiture, permis de chasse par exemple). Pour une carte de pêche, il n'y a pas d'examen, alors utilisons tous le bon terme !
L'exemple du 49
Beaucoup de fédérations jouent la carte de la transparence et expliquent comment est réparti l'argent de la carte de pêche. Prenons l'exemple du Maine-et-Loire qui, avec 37 000 adhérents chaque année, se positionne en tête des ventes. Le gâteau est divisé en cinq parts inégales pour la carte interfédérale.

La fédération
La fédération départementale prend 33,20 euros sur les 114 euros que coûte la carte interfédérale, soit 29,12 %. Cet argent sert à payer les salariés de la fédération, mais assure aussi le fonctionnement du siège de la fédération, de sa Maison Pêche Nature, de la pisciculture. Chaque pêcheur participe aussi au financement des travaux pour le loisir pêche comme la mise en place de pontons, de panneautage, de cales de mises à l'eau… On peut aussi ajouter les empoissonnements par exemple ou même l'impression du guide départemental et l'hébergement du site web.

La FNPF
Juste après, la FNPF prend 33 euros (28,95 %), redistribués indirectement aux fédérations mais aussi aux Unions de Bassins, aux associations migrateurs, aux AAPPMA… Sous forme d'aide à l'emploi, de subventions pour les actions de réhabilitation des milieux… Cet argent sert aussi, bien sûr, à payer les salaires de la FNPF, ou à promouvoir le loisir pêche au niveau national. C'est la fameuse CPMA : Cotisation Pêche Milieux Aquatiques.
Groupements réciprocitaires
En troisième position, on retrouve l'EHGO pour notre exemple du Maine-et-Loire, qui empoche 27 euros et les redistribue aux fédérations les moins bien loties ou qui mènent de vraies actions au bord de l'eau. Les fédérations sollicitent les groupements réciprocitaires (URNE, EHGO, CHI) pour l'achat de plans d'eau par exemple. Pour la carte personne majeure et toutes les autres cartes d'ailleurs, l'EHGO ne touche rien.

Association et agence de l'eau
Vient ensuite l'AAPPMA avec 12 euros (soit 10,53 %). C'est en fait la seule variable d'ajustement d'un pêcheur qui peut choisir dans son département une association méritante. Cet argent sert aux empoissonnements, à l'entretien des baux de pêche, à l'organisation des Ateliers Pêche Nature ou d'une compétition par exemple…
Enfin, les Agences de l'Eau prennent la dernière part, soit 8,80 euros (7,72 %). C'est la fameuse RMA Redevance des Milieux Aquatiques. Pour notre exemple, c'est l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne qui récupère l'argent des pêcheurs et va l'investir dans la restauration des cours d'eau, la réduction des pollutions agricoles et domestiques ou encore la gestion des eaux pluviales.

Le gâteau est partagé différemment pour les autres cartes de pêche. Par exemple pour la journalière à 12 euros, l'Agence de l'Eau prendra 1 euro, la fédération du Maine-et-Loire 4,90 euros, la FNPF 4,20 euros et l'AAPPMA 1,90 euro. Mais dîtes-vous bien que cet argent est toujours réinvesti dans la pêche, même si certaines actions vous sembleront plus raisonnées que d'autres !

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