Pêche en Tarn-et-Garonne : pas de période de fermeture pourquoi ?

Il n'y a plus de fermeture spécifique du brochet en Tarn-et-Garonne ! Toutes les techniques de pêche sont désormais autorisées toute l'année en seconde catégorie. “On a choisi d'avancer”, nous explique le président René Delcros.

Depuis ce lundi 26 janvier 2026, la pêche du brochet est fermée dans une grande majorité de départements. Pour continuer à pêcher aux leurres, pour capturer silures, sandres et black-bass par exemple, il faut jongler avec une réglementation spécifique à chaque spot…

Mais comme en Aveyron depuis sept ans, toutes les techniques sont maintenant autorisées dans le département du Tarn-et-Garonne 365 jours par an, dans les eaux classées en seconde catégorie. L'arrêté préfectoral précise : "il est possible (...) de pêcher au poisson vif, au poisson mort ou artificiel, à la cuiller et autres leurres susceptibles de capturer des brochets de manière non-accidentelle". A condition de respecter quelques règles simples, comme relâcher les brochets et les black-bass pendant leurs périodes de reproduction respectives, ou respecter les nombreuses zones de réserves temporaires (listées dans le Guide 2026 de la fédération).

René Delcros, président de la fédération de pêche de Tarn-et-Garonne, a répondu à nos questions :

La fédération de pêche de Tarn-et-Garonne a commencé à communiquer sur ses réseaux sociaux autour de cette ouverture générale. Avant tout, quelles sont les premières réactions des pêcheurs ?

René Delcros : "Les premiers retours sont bons, ils sont heureux de pouvoir enfin pêcher toute l'année. On avait déjà testé en 2025 cette réglementation sur le Tarn et sur le plan d'eau de Balat-David. Ces deux tests avaient été concluants. Il y avait des craintes sur le sandre notamment, des anciens, il n'y a pas eu de massacre ni de pression de pêche sur les frayères. Moi, je suis à la retraite, je pêche énormément, et j'entendais sur le terrain cette volonté d'avancer. Aujourd'hui, je regarde les commentaires et c'est favorable. Les détaillants sont aussi contents et il y aura plus de présence au bord de l'eau pour éloigner les cormorans".

Pourquoi cette nouvelle réglementation ?

"L'objectif était surtout de simplifier cet empilage de réglementations. Ce sont les critiques qu'on avait des pêcheurs, on était tellement restrictifs dans l'utilisation de certaines techniques que beaucoup se faisaient piéger. On a pris le contre-pied. Nous avons aussi largement échangé avec la fédération de pêche de l'Aveyron [qui a mis en place cette réglementation depuis 2019, NDLR]. Donc on a choisi d'étendre les conditions testées en 2025 au niveau départemental".

Comment cela se passe au niveau réglementaire, pour contourner le Code de l'Environnement et notamment les articles R436-6 et R436-33 sur la période d'ouverture et les techniques autorisées ?

"On n'a pas à les contourner, le code de l'Environnement ne concerne que le brochet. Bien sûr, c'est un peu limite pour l'utilisation des leurres. Nous avons eu une oreille attentive de la commission technique de la pêche présidée par le préfet, avec la DDT, l'OFB, la gendarmerie… tous ceux qui interviennent sur le terrain. Les représentants du ministère de l'Écologie ont dit oui, on est couverts. Il a fallu convaincre tout le monde et nous n'avons eu aucun avis défavorable. Tant qu'on protège les milieux, les frayères, ils nous suivent".

Une ouverture 365 jours par an, sur la seconde catégorie, comment cela s'applique sur le terrain ? Par la mise en place de réserves, et une surveillance accrue ?

"Tout à fait. Pour les plans d'eau, on s'est surtout référé au sandre et à sa reproduction, on a mis 20 % de la surface en zone de réserve temporaire. Sur les rivières, les AAPPMA nous ont remonté les zones de frayères. Sur le canal, 2 des 11 biefs ont été mis en réserve. Il y a un panneautage sur le terrain et des bouées. Sur Géopêche, on peut voir que des secteurs sont en réserve temporaire, et là aussi, il y a une simplification, les zones sont les mêmes pour le brochet, le sandre et le black-bass, jusqu'au 5 juin.

J'ai aussi une dizaine de garde-pêche fédéraux depuis un an, ils tournent en binôme toute la semaine, week-end compris, ils ont un véhicule à disposition. On couvre tout le département. Il fallait une vigilance renforcée. Les gardes donnent aussi des recommandations : pêche sans ardillon, avec un seul armement, pêche au mort manié à utiliser le moins possible…

Si on prend un brochet entre le 26 janvier et le 24 avril, on le remet à l'eau. Pareil pour le black-bass, entre le 26 janvier et le 5 juin. Je rappelle aussi qu'on a depuis 2021 une fenêtre de capture pour le brochet le reste de l'année ; un quota de 3 carnassiers par jour, dont un seul brochet ; et beaucoup de parcours en no-kill".

L'Aveyron a été pionnière dans cette réglementation et beaucoup de départements l'appliquent sur certains secteurs. Est-ce que vous pensez que d'autres départements vont suivre ? Avez-vous consulté la FNPF, est-ce que vous pensez qu'une ouverture générale peut être nationale ?

"On a eu des appels de toute la France, pas seulement des départements limitrophes. On leur fera un retour d'expérience. On n'a pas consulté la FNPF, mais on fait partie de l'Association Régionale et il y a quatre élus de la FNPF qui n'étaient pas contre. Depuis des années, on demandait à la fédération Nationale de faire modifier le Code de l'Environnement pour ne pas être à la limite, mais cela ne s'est pas produit. Donc on a choisi d'avancer".

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