Pêche de la carpe en hiver, les poissons sont toujours présents

Espoir hivernal © Grégory MARTIN

Pour beaucoup de pêcheurs de carpes, l'hiver sonne la fin de leur saison de pêche. Pour autant, il est possible de prendre de jolis poissons en cette saison où les conditions météorologiques sont rudes. L'hiver n'indique donc pas forcément la fin de l'activité des carpes.

La rudesse de l'hiver

L'hiver s'installe. La nature se fige. Même si ces dernières années, un certain réchauffement a réussi à faire douter l'hiver sur ses pouvoirs. Les arbres se dénudent, les berges sont de moins en moins fréquentées et l'eau devient miroir. L'hiver dans nos régions est froid voire très froid (sauf les régions méditerranéennes et océaniques) et beaucoup d'entre nous préfèrent ranger les cannes en attendant les beaux jours. Effectivement, les journées très courtes, et le froid souvent agressif, ont tendance à démotiver les troupes.

Le soleil se retire durant 16 heures : la nuit va être longue !
Le soleil se retire durant 16 heures : la nuit va être longue !

Même si l'hiver est une saison délicate, elle peut apporter de jolies surprises à ceux qui veulent bien l'affronter. Allez un peu de courage et n'oublions pas que « l'hiver est un printemps qui s'ignore ». Toujours pas convaincus ?

Une motivation décuplée

Pour ma part, j'adore cette saison. Ma motivation est à son comble. A tel point que s'il fallait abandonner (de force bien sûr !) une saison, celle-ci ne serait même pas discutée. Se retrouver seul au bord de l'eau pour affronter des conditions météorologiques difficiles est très excitant. Certains clichés peuvent être magnifiques, voire mythiques. Qui n'a pas rêvé d'une belle photo où le manteau neigeux domine ? Qui n'aime pas les photos de cannes au blank givré ou enneigé ?

La magie de l'hiver.
La magie de l'hiver.

Et la liste est longue. De telles photos se payent ! Comme seul argent, notre corps et notre mental se retrouvent pleinement sollicités !

Investissement corporel pour contrer les conditions.
Investissement corporel pour contrer les conditions.

Alors, oui les touches sont moindres, mais un simple poisson a une saveur particulière. L'éclat des poissons y est sublime et en plus, ils sont souvent à un poids intéressant (réserves effectuées) ce qui n'est pas pour nous déplaire.

Grasse !
Grasse !

En terre connue

L'hiver, je m'attaque à des eaux que je connais bien et dont je sais le potentiel. En effet, toutes les destinations ne sont pas forcément productives en hiver. Ainsi, pour gagner du temps et ne pas se décourager bêtement, il est préférable de connaître à minima la réaction des carpes face à l'hiver.

Certains endroits deviennent non productifs après quelques jours de gel. Autant ne pas s'y attarder. Je ne pêche que très rarement un lieu inconnu en hiver. Si cela doit vous arriver, prenez le maximum de renseignements. De même, privilégiez les lieux de faible superficie plutôt que les immensités afin de vous faciliter la localisation éventuelle des poissons. Dans ma région (Centre), les conditions météorologiques sont souvent difficiles durant l'hiver.

Dans ma région, l'hiver est souvent rude.
Dans ma région, l'hiver est souvent rude.

Les eaux sont fréquemment glacées au sens propre comme au sens figuré. Certains terrains de jeu peuvent rester gelés pendant des jours voire des semaines.

Se retrouver seul au milieu d'un tel décor hivernal n'a pas de prix !
Se retrouver seul au milieu d'un tel décor hivernal n'a pas de prix !

Accepter les conditions

Il est parfois inévitable d'attendre une remontée du thermomètre pour pouvoir tendre une ligne et éviter au plomb de faire du « patinage carpistique ». Cependant, depuis pas mal d'années, les conditions climatiques sont très aléatoires. Difficile dans ce cas de donner des théories précises et surtout de les suivre. Ainsi, les conditions idéales se font de plus en plus rares. Ce qu'il faut retenir, c'est que tout devient possible dès lors que nous sommes au bord de l'eau. Et surtout, il faut s'attendre à tout type de conditions météorologiques (du pire au meilleur en très peu de temps).

Parfois l'hiver faiblit.
Parfois l'hiver faiblit.

La récompense se mérite

Je me souviens d'un mois de décembre très froid où les plans d'eau étaient pris par la glace. J'avais prévu une session hivernale, mais lors de mon arrivée, l'étang était gelé. Bien décidé à pêcher quand même, je cassai la glace se trouvant devant moi (fine pellicule à cet endroit car bien exposée). Et bien deux heures après avoir tendu les cannes, un poisson vînt me rendre visite. En l'espace de peu de temps, je pris 3 poissons plus éclatants les uns que les autres.

Pour celle-ci, combat mené scion dans l'eau pour éviter la glace présente en surface sur plusieurs mètres carrés.
Pour celle-ci, combat mené scion dans l'eau pour éviter la glace présente en surface sur plusieurs mètres carrés.

Comme quoi les efforts peuvent payer et pourtant, il ne faisait pas bon à mettre un chien dehors. Pour anecdote, je fus obligé de combattre les poissons scion dans l'eau pour éviter à mon fil de rencontrer un « couteau de glace ».

Conditions déroutantes

Pour illustrer le côté aléatoire du temps, un an plus tard au même endroit, il faisait 14 °C en pleine journée avec un vent Sud/Sud-Ouest et des températures clémentes la nuit ! A en perdre mon Berrichon, je vous jure ! Autre lieu, autre mois, autre décor. Mois de février, les plans d'eau viennent à peine de dégeler (ou en grosse partie). L'eau n'était pas chaude avec ce glaçon venant de fondre (4/5 °C). Les températures diurnes étaient clémentes avec un beau soleil, mais les températures nocturnes descendaient à -4 °C/-5 °C. Pour corser l'affaire, un vent glacial d'Est venait me frigorifier corps et biens. Le ressenti était proche d'un -10 °C.

Dans de telles conditions, jamais je n'aurais parié sur une issue positive de ma session. Et bien ces dames avaient décidé de mordre au plus froid de la nuit. A y repenser, je crois qu'elles voulaient m'en faire baver. Aujourd'hui, cela reste un excellent souvenir, mais c'est vrai que dans l'action mon organisme et mon mental avaient souffert terriblement. Lors de la dernière nuit, 6 poissons vinrent me rendre visite.

Cette miroir massive, aux couleurs hivernales si typiques, n'aurait été qu'espoir si je m'en étais tenu qu'aux théories.
Cette miroir massive, aux couleurs hivernales si typiques, n'aurait été qu'espoir si je m'en étais tenu qu'aux théories.

Comme quoi les théories (sur fond d'idées reçues) n'engagent que ceux qui les exposent. Il ne faut donc surtout pas se résigner, mais parfois se faire violence pour provoquer le destin. La preuve !

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