Pêcher la crue
Les crues se succèdent cette année mais elles sont brèves. C'est ce qu'on appelle le phénomène "chasse d'eau". L'eau monte vite puis redescend aussitôt. Dans ces conditions, il y a bien sûr quelques moments d'euphorie pour les poissons carnassiers, mais ils sont courts et il est alors difficile de les cibler. Lors des montées fortes, cela charrie beaucoup (feuilles, branches...) ce qui ne plaît pas beaucoup aux poissons et les descentes sont rapides, si bien que les poissons évoluent constamment sans jamais se fixer sur les postes.
Aujourd'hui, nous sommes en toute fin de montée d'eau et allons pêcher le pic de cette crue. Rien de plus simple de nos jours de suivre l'évolution des débits grâce aux applications dont nous disposons. J'utilise pour ma part RiverApp que je trouve parfaite. Il y a plusieurs stations par rivière et on peut donc prévoir assez finement l'évolution de son secteur en regardant ce qui se passe en amont.
Choisir la bonne zone
Le thermomètre de la voiture nous annonçait la couleur mais le ressenti est encore pire sur l'eau.
Nous nous rendons rapidement compte que les postes de bordure sont difficilement exploitables. Le courant est fort et il y a énormément de feuilles en suspension dans la colonne d'eau. Nous nous dirigeons donc vers une immense zone abritée du courant.
Dans ces conditions, il faut mieux bien réfléchir avant de décider de naviguer vers un poste éloigné.

La méthode Dumoutier
L'eau est mâchée et nous appliquons la méthode "Dumoutier" pour avoir une idée de la profondeur à laquelle rechercher les sandres. Cela consiste à déterminer la profondeur maximale à laquelle nous pouvons visualiser un leurre dans l'eau. Le plus simple pour cela est de laisser couler notre leurre doucement jusqu'à ce que nous ne le distinguions plus, puis de mouliner en baissant la canne jusqu'à ce que notre scion soit au ras de la surface. Sans remonter le leurre bien sûr.
De la sorte, l'opération est très rapide et il suffit de regarder la distance entre sa pointe de scion et son leurre. En multipliant cette valeur par 10, on obtient une profondeur théorique approximative de la tenue des sandres.
Dans notre cas, la turbidité de l'eau est assez forte et la mesure nous donne environ 25 cm de visibilité seulement. Nous allons donc cibler une profondeur d'environ 2,50 m.
La zone choisie est plus facile à pêcher, il y a beaucoup moins de matières en suspension. Il est toutefois difficile de pêcher en linéaire sans ramener des débris végétaux à chaque lancer et nous optons pour une pêche en verticale. Nous explorons la zone en faisant des zig zags avec le bateau afin de présenter nos leurres entre environ 1,80 m et un peu plus de 3 m.
Trouver le leurre du jour
Les premières touches arrivent et il semble que ce soit entre 2.50 m et 3 m que se situent les poissons. Les premières touches ne sont toutefois pas concrétisées et nous changeons régulièrement de leurres afin de trouver le meilleur menu du jour.
C'est en essayant la nouveauté Fiiish que nous allons monter le premier sandre à bord. Ce Pit swimmer en coloris flashy Atomic citrus semble plaire aux sandres aujourd'hui. Touche de qualité et leurre avalé nous le prouvent.
Un second poisson va suivre peu après ce qui va décider mon compagnon de pêche à utiliser le même leurre. On utilise les tailles 10 et 12,5 cm.

Avec la présence de ces débris végétaux, il faut relever régulièrement son leurre afin de vérifier qu'il soit propre et pêchant. Ce serait dommage de traîner un brin d'herbe pendant 10 minutes.
Il est aussi important de ne pas reprendre contact avec le fond trop souvent, car c'est sur celui-ci que se concentre la majorité des débris. L'idéal est même de visualiser son leurre au sondeur afin de stopper la descente au bon moment et de rester à proximité du fond sans jamais le toucher.
Le froid est toujours aussi intense, le brouillard ne va jamais se lever. Mais les touches régulières nous réchauffent un peu. Nous avons aussi la satisfaction d'avoir aujourd'hui trouvé quelque chose, ce qui nous aide à supporter les conditions. Nous serons même récompensés par un gros poisson pris sur la taille 125.

Il est maintenant temps d'aller se réchauffer au coin du feu.

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