Vidéo choc de la pêche au thon par Greenpeace


Greenpeace continue sa lutte contre les marques de thon, en particulier Petit Navire, afin qu'ils changent leur manière de s'approvisionner. Aujourd'hui c'est la réalité de ce qu'il se passe en mer que nous dévoile l'ONG. Voilà les dégâts causés par le Dispositif de Concentration de Poissons.

Greenpeace a obtenu des images filmées par des pêcheurs sur des thoniers industriels, par le biais de lanceur d'alertes travaillant pour cette industrie. Elles montrent les prises accessoires (requins, raies, tortues…) de cette technique de pêche, réalisée par des pêcheurs espagnols et français, approvisionnant les grandes marques européennes de thon en boîte, à l'image de Petit Navire, en France.

L'ONG a fait le choix de conserver les plus récentes et les plus pertinentes parmi des heures de film. "Ces images montrent que les prises accessoires, ces espèces non visées mais capturées, et rejetées à la mer, mortes ou mourantes, sont bel et bien aujourd'hui une réalité" explique Hélène Bourges, chargée de campagne Océans à Greenpeace.

Les prises accessoires sont liées au DCP

Les grandes marques de thon, comme a pu le voir dans un précédent article, s'approvisionnent principalement par le Dispositif de Concentration de Poissons (DCP). Cette technique destructrice consiste à déposer un objet artificiel, flottant, dans l'eau, auprès duquel les poissons viennent s'abriter. Tout un écosystème se crée autour de cet objet et les pêcheurs thoniers déploient un filet de plusieurs kilomètres de long, la senne, autour de ce dispositif. Ils remontent alors tout ce qui gravite dans cet écosystème, y compris les espèces menacées (requins, raies, tortues) et les jeunes thons qui n'ont pas encore eu le temps de se reproduire.

Au niveau mondial, la pêche thonière tropicale sur DCP génère 2 à 4 fois plus de prises accessoires que la même pêche sans DCP. De l'aveu des marques elles-mêmes, ce sont donc 7 % de prises accessoires qui sont réalisées, ce qui représente 100 000 tonnes par an, ou de quoi remplir 625 millions de boîtes de thon !

Crédit photo : Greenpeace

Les marques de thon doivent changer leur approvisionnement

En France, certains armements reconnaissent le problème et sont dans une démarche de changements. Ils limitent le nombre de DCP actif à 150 par bateaux et pratiquent aussi une pêche sans DCP. D'autres, notamment les armateurs espagnols, ne limitent pas les DCP, pouvant aller jusqu'à plusieurs centaines par bateaux. Il est donc important que les marques de thon choisissent de s'approvisionner en thons non pêchés par les DCP. C'est déjà le cas en Italie et au Royaume-Uni avec les marques sœurs de Petit Navire, mais pas en France.

"Nous avons calculé que le volume des prises accessoires générées par l'approvisionnement de Petit Navire, marque leader sur le marché français, avoisine les 2 000 tonnes par an" souligne Hélène Bourges. "Près de 35 000 Français leur ont d'ores et déjà envoyé un email pour leur demander d'arrêter cette pêche destructrice, qui compromet d'ailleurs la pérennité de leur activité. Nous attendons de pouvoir discuter d'un engagement sérieux avec eux, pour que Petit Navire cesse de s'approvisionner en thon pêché avec des DCP."

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