Consultation du projet d'arrêté autorisant des pêches expérimentales de silure en Dordogne

Le monstrueux silure ? © Gauthier Martin

La consultation publique concernant le projet d'arrêté autorisant des pêches expérimentales de silure en Dordogne prendra fin le 10 juin 2020 à 12h00. Si vous êtes concernés par le sujet c'est le dernier moment pour donner votre avis.

Le silure dans la ligne de mire

Face à la diminution des populations de poissons migrateurs, le ministère de l'Environnement lance une enquête sur un projet d'arrêté autorisant des pêches expérimentales de silure.

Cette étude portera sur les trois grands ouvrages situés sur la rivière Dordogne au niveau de Bergerac, Tuillères et Mauzac. Elle aura trois grands objectifs :

  • Évaluer l'impact potentiel de la prédation du silure principalement sur les saumons, aloses et lamproies.
  • Évaluer l'impact des pêches spécifiques du silure sur les populations de migrateurs.
  • Tester la sélectivité des engins de pêche utilisés.

Une étude  risquée pour les milieux aquatiques et la faune piscicole

Tout est dit dans les trois grands objectifs de ce projet d'arrêté. On apprend que dans le but de comprendre la raréfaction des poissons migrateurs sur une rivière, on va procéderen premier lieu à des opérations de captures massives de silures, car leur prédation est peut-être la cause de cette raréfaction.

En gros, s'il y a moins de poissons migrateurs, c'est peut-être la faute du silure. Donc sous couvert d'études, on effectue des captures massives de l'espèce incriminée pour voir si c'est la solution au problème. Au passage, on en profite pour tester les engins de captures et pour voir ce qu'ils permettent de sortir de la rivière.

C'est-à-dire qu'on va prendre le risque de mettre en péril, les brochets, sandres, perches, carpes, chevesnes, barbot… avec des engins de captures expérimentaux qui ne peuvent garantir des captures sélectives.

De plus, ces opérations de pêches risquent d'être confiées tôt ou tard aux pêcheurs professionnels qui ne sont pas réputés pour la protection des milieux aquatiques…

Ni l'endroit, ni le moment

Autre point non négligeable, cette étude interviendrait en amont et en aval des ouvrages hydro-électriques pendant la saison de reproduction de plusieurs espèces piscicoles, qui viennent chercher les fonds caillouteux pour y pondre leurs œufs. Nous savons très bien que ces endroits sont généralement très prisés des sandres pendant la fraie qui ne se termine parfois que fin juillet selon les conditions et les secteurs.

Dernier point, cet arrêté vise à mesurer l'impact du silure sur la migration des poissons migrateurs, or celle-ci a commencé fin mars début avril, nous sommes maintenant plus près de la fin de la migration que du début.

Alors que vont permettre de mesurer ces captures massives de silures ? Qu'elle est l'objectif de cette étude ?

La question est posée. Si vous souhaitez donner votre avis, je vous rappelle qu'il vous reste jusqu'au le 10 juin 2020 à 12h00 pour le faire en répondant à l'enquête sur ce projet d'arrêté (lien en pied d'article).

Même si vous ne vous sentez pas concernés par la pêche en Dordogne, cet arrêté sera peut-être présenté dans votre département par la suite s'il est adopté sur la Dordogne.

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