Bonjour Jérôme, peux-tu te présenter ?
Bonjour, je m'appelle Jérôme Lefrancois, j'ai 39 ans. Je suis père de famille, commercial et aussi ambassadeur Sico-Lure depuis 3 ans maintenant. J'habite en Auvergne où j'ai la chance de pouvoir pratiquer ma passion de la pêche aux leurres toute l'année entre rivières de première catégorie et lacs de barrages.
Peux-tu nous parler de tes débuts en matière de pêche ?
Je suis issu d'une famille de pêcheurs donc j'ai commencé tout petit. Un grand-père pêcheur, tout comme mon père et mes oncles, donc j'ai été très tôt au bord de l'eau. Jai vraiment été baigné dedans. Même pendant les repas de famille, la pêche était présente. J'ai commencé à pêcher au coup puis rapidement au toc. Tout jeune et bien sûr sans moyens, c'est une pêche peu coûteuse. C'est une très bonne école pour apprendre à lire une rivière et connaitre le positionnement des poissons. Cette pêche permet aussi de découvrir l'alimentation des truites, car avant la pêche proprement dite il y a la recherche d'appâts. Ensuite, j'ai goûté à la pêche au vairon manié qui m'a fait glisser vers la pêche au poisson nageur. Moins contraignante, car elle supprimait la problématique de la capture et la conservation des vairons.

Après une petite pause à l'adolescence, je suis revenu très vite vers mes 18 ans au bord de l'eau. La passion de la pêche aux leurres n'a fait que grandir. Nous étions une bande de 4 ou 5 copains totalement mordus et nous cherchions sans cesse à nous perfectionner. La frustration de la fermeture de la première catégorie en septembre était si grande qu'il fallait trouver un palliatif. Nous nous sommes vite dirigés vers les pêches de carnassiers sur les barrages de la région pour prolonger la saison. Pêche de brochets sur les bordures et pêche du sandre en verticale. Nous avons la chance, grâce à une règlementation spécifique, de pouvoir pratiquer la pêche aux leurres 12 mois sur 12.
Quand, comment et pourquoi avoir accepté d'être pro-staff ?
Alors si certains ont la chance de recevoir des propositions, de mon coté c'est moi qui ai fait le premier pas. C'était un rêve de gosse de devenir ambassadeur. Le plus grand salon de pêche, le CNPL se tenait dans ma région et chaque année, c'était un grand rendez-vous pour nous. Je rencontrais des gens qui représentaient une marque et rêvais d'être un jour à leur place. Je pêchais énormément la truite, j'utilisais les produits Sico-Lure qui me plaisaient beaucoup et j'ai donc contacté la marque. C'était le bon timing, ils élargissaient leur gamme et cherchaient de nouveaux représentants, mon profil de pêcheurs de terrain a plu et c'est ainsi que j'ai eu la chance de rejoindre l'équipe.

Être ambassadeur cela veut dire quoi pour toi ?
Être ambassadeur, c'est faire partie intégrante d'une équipe. C'est participer à des animations afin de présenter les produits de la marque. C'est échanger avec des autres pêcheurs, qu'ils soient débutants ou confirmés. C'est aussi apporter sa pierre à l'édifice dans le développement. Je n'ai jamais osé franchir le cap de me lancer dans la création de leurres et je suis ravi de pouvoir participer, à mon échelle, à l'élaboration de nouveaux produits en donnant mon avis et mes ressentis.
Ton plus beau souvenir, ou une anecdote, en tant que pro-staff, à partager avec nos lecteurs ?
Il y a déjà beaucoup de bons souvenirs, mais il y en a un qui m'a marqué plus que les autres. C'était ma première année au sein de l'équipe Sico-Lure et le fondateur Baptiste a invité toute l'équipe pour un week-end prolongé sur l'ile de Ré. Des moments inoubliables surtout pour un pêcheur d'eau douce comme moi. Des moments de pêche incroyables en bateau ou en wading et des rencontres humaines riches. On a eu la chance notamment lors d'une sortie en bateau d'assister à des chasses intenses pendant plusieurs heures. Bien sûr on n'a pas fait que regarder et on a enchaîné les touches !

Quel regard portes-tu sur la pêche en France ?
Alors j'ai 39 ans et je ne pratique que le domaine public. J'ai donc un peu de recul et je ne peux malheureusement que constater le déclin de la qualité de pêche dans notre pays. Les populations de salmonidés régressent d'année en année. Beaucoup des secteurs où j'ai fait mes premières armes ne contiennent presque plus de truites par exemple. Pour la pêche des carnassiers sur les barrages, la situation n'est pas plus reluisante. Une pression de pêche qui a augmenté, des poissons bien plus sollicités notamment avec l'arrivée des nouvelles technologies de sondeurs. Tout ceci ne facilite pas la pêche. Plus grave, les niveaux d'eau sont, chaque année, plus bas, l'eau se réchauffe, des cyanobactéries apparaissent... La priorité de ces barrages est de produire de l'électricité, le bien-être des poissons ne compte pas.
Pas un regard très optimiste donc mais pas défaitiste non plus, il y a des choses à faire. Je pense notamment à ces grands linéaires de rivières qui n'ont de première catégorie que le nom puisque les salmonidés ont disparu ou presque. Il ne faut pas se voiler la face, le réchauffement climatique ne va faire qu'empirer les choses donc pourquoi ne pas créer des parcours alevinés et pêchables toute l'année ? Cela pourrait relancer un peu la dynamique pêche d'un secteur, faire travailler les guides, les magasins de pêche, mais aussi les restaurants, les hôtels. Mais pour cela, c'est à nous et aux plus jeunes de s'investir dans nos associations afin de faire évoluer les choses.

Un conseil pour les pêcheurs qui souhaiteraient un jour intégrer une team de pro-staff ?
Et bien puisque ça a fonctionné pour moi, cela peut fonctionner pour d'autres. Donc se diriger vers une marque que l'on connaît et surtout que l'on apprécie et qui correspond à notre pêche. Bien alimenter les réseaux tout en veillant à respecter les milieux et les poissons. Et ne pas hésiter à tenter sa chance en contactant la marque lorsque l'on sent que c'est le bon moment, il faut parfois forcer un peu le destin.
Merci beaucoup pour cet entretien Jérôme. Cela fait plaisir d'échanger avec un pêcheur de terrain comme toi et de ressentir ta joie de faire partie de cette famille Sico-Lure qui semble bien soudée. Je te souhaite une excellente année au bord de l'eau et de beaux projets à venir avec l'équipe.

/ 







