Rechercher les gros poissons
Les bonefish font en règle générale entre 40 et 60 cm pour 1 à 3 kg. Malgré ces tailles modestes, ces poissons se défendent terriblement bien en prenant souvent toute la soie et régulièrement plusieurs mètres à dizaine de mètres de backing.
Les poissons de plus 60 cm ne sont pas rares et il est possible d'en pêcher sur de nombreuses destinations. Par contre, les spécimens de plus de 70 cm sont eux beaucoup moins fréquents. Il est possible de les attraper par chance en tombant dessus en pêchant des coins à bonefish de taille « normale », mais si l'on veut réellement rechercher de très gros poissons, il y a des destinations plus spécifiques où le pêcheur sportif pourra se rendre dans le but de les traquer. Il faudra adapter son matériel et sa stratégie en conséquence.

Où rechercher les bonefish trophées ?
Les gros bonefish peuvent se rencontrer un peu partout dans les Caraïbes, mais certaines destinations ont fait leur réputation grâce à des poissons d'exception qui dépassent les tailles standard. Ici on parle du bonefish « commun », l'albula vulpes.
C'est le cas de certaines îles aux Bahamas comme Grand Bahamas, ou encore Andros Sud, les Bahamas étant la capitale de la pêche du bonefish, et il y vit de très gros sujets. Plusieurs records ont été capturé sur les différentes îles notamment celles précitées.
Cuba sur Cayo Cruz et d'autres Cayos (Largo, Paredon, …) peuvent aussi détenir de très beaux bonefish, mais il est rare de se focaliser sur les très gros. Ce qui est également le cas en Floride dans les Keys où plusieurs records ont aussi été pris. En Guadeloupe, les gros bonefish sont présents mais très éduqués. Certains pêcheurs les traques spécifiquement et font de belles prises. A Los Roques au Venezuela il est courant de faire de gros bonefish et de très gros spécimens sont pris chaque saison. Les rechercher est possible avec un guide local. Se nourrissant de petits poissons, leur croissance est plus rapide qu'ailleurs.

C'est cependant dans le pacifique qu'une autre espèce de bonefish vit, qui peut atteindre régulièrement des tailles impressionnantes : l'albula glossodonta.
Il s'en prend de très gros à Hawai, sur certains Atolls comme à Saint Brandon, ou encore Christmas Island, mais aussi en Polynésie. Des bonefish de plus de 10 livres sont capturés chaque année. Ou encore aux Seychelles, car les gros bonefish sont aussi bien présents, avec des chances pour capturer de gros spécimens.
Néanmoins, c'est certainement en Nouvelle-Calédonie qu'il est possible de vraiment se concentrer sur cette pêche de poisson hors norme, qui dépasse les 10 livres et que l'on appelle les « double digit » c'est-à-dire des poissons à deux chiffres.
J'ai eu la chance d'y effectuer deux séjours spécialement dédiés à la traque de ces monstres. Il faut être patient et avoir un moral d'acier, car ils ne sont pas très nombreux et il faut passer du temps sur les flats pour les trouver. Mais, à chacun de mes séjours, j'ai pu lancer et prendre des bonefish hors normes qui vous arrachent la soie et le backing comme des fusées ! Je n'ai jamais vu autant de backing sortir de mon moulinet (+ de 300 m) et les combats sont très puissants et longs.
J'ai mon record personnel là-bas, avec un poisson pesé (à l'aide d'un boga grip et un filet, cf photo) de 14 livres, mesurant 77 cm à la fourche (87 cm de longueur totale) pour 42 cm de tour de poitrine ! Le combat avait duré 27 minutes en soie de 9. Un autre poisson, le même jour, pour une taille de 75 cm avec un tour de poitrine de 39 cm, pesé à 12 lbs. Puis lors d'un deuxième séjour, j'avais pris également mon troisième bonefish à deux chiffres !

Quel matériel utiliser ?
Il faut dans ce cas plutôt opter pour une canne de 9 pieds de puissance 9, contrairement au matériel conventionnel pour le bonefish qui est une soie de 7 ou 8.
Cela apporte une puissance supplémentaire qui permet de lancer de plus grosses mouches et aussi décocher le « tir » plus rapidement, mais surtout de contrer les très gros rushs que ces poissons peuvent vous faire. Par contre dans ce cas, il faut pêcher avec des pointes plus fortes.
Il faut un moulinet de qualité avec un très bon frein progressif et puissant, mais surtout une grande contenance pour y mettre beaucoup de backing. Mon ami Claude m'avait chargé 400 mètres de tresse de jigging pour remplacer mes 250 mètres de dacron. Il avait bien eu raison, sinon j'aurai perdu mes deux plus gros bonefish de ma vie !
Une bas de ligne d'une longueur et demi est suffisant, car la présentation n'est pas la plus importante. Il faut par contre être rapide et précis, puis contrer le vent souvent présent. Une pointe en 20 à 25 lbs est la norme, car il n'est pas possible de pêcher trop fin dans ces conditions, et cela n'aurait aucun sens.
Les bonefish calédoniens se nourrissent de grosses proies et nous avions employés de bonnes bouchées, avec des imitations de crevette montées sur des hameçons en taille 2 et 1. Mais sur certaines destinations, les mouches n'ont pas à être forcément beaucoup plus grosses, car tout dépend de la nourriture présente. Il faut par contre avoir des hameçons costaud, fort de fer et de confiance, comme notamment les gamakatsu SL12S.

Comment aborder cette pêche ?
La pêche des très gros bonefish, si on les recherche spécifiquement, se pratique comme celle des permits. Les passages de poissons sont rares et ils sont souvent seuls ou à deux, voire trois. L'attente est longue, mais il faut être concentré pour être prêt à chaque instant. C'est une quête, une vraie traque, où l'on recherche le poisson d'une vie !
Ils passent souvent vite et ils sont assez difficiles à voir, car les flats sont généralement plus profonds. En Nouvelle-Calédonie ces poissons ne font jamais de tailing et sortent souvent des eaux plus profondes pour passer rapidement sur le flat. Il faut intercepter leur trajectoire puis animer dès que la mouche est au fond pour attirer leur attention. En deux coups de nageoire, ils prennent votre mouche et disparaissent en vous sortant la soie aussi vite que l'éclair !

Pour Los Roques, mon précédent record était un poisson estimé à 9 lbs, pris en tailing, lui, sur de l'herbe à tortue. Il avait pris une petite crevette olive non lestée que j'avais monté sur place pour m'adapter aux conditions et qui faisait des miracles sur ce biotope. Ce jour-là, je ne recherchais pas les gros, mais je savais qu'ils étaient présents, et pêchais avec un matériel conventionnel. Heureusement, là-bas on pêche assez gros pour brider les poissons qui partent souvent vers le corail qui n'est jamais loin ! J'étais monté en 16 lbs en pointe. En bridant le poisson au maximum j'avais réussi à contrer ses rushs autant que possible et à écourter le combat.

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