La Guyane, un voyage de pêche dans l’enfer vert

S’il y a bien un voyage de pêche qui m’a marqué, c’est mon immersion dans la jungle guyanaise. Au delà des poissons, l’intérêt de cette destination reste l’expérience que j’ai vécu pendant 10 jours en pleine forêt, à vivre au rythme du soleil et en communion avec la nature.

Nous sommes en 2012, après 8h d’avion nous atterrissons à Kourou retrouver notre guide Patrick Fresquet pour vivre un voyage comme je n’en ai jamais vécu auparavant.

Une forêt immergée

L’objectif de ce séjour est d’aller pêcher l’aïmara en plein milieu de la jungle guyanaise et en bivouac, résidence habituelle des orpailleurs, chasseurs et pêcheurs professionnels. Il s’agit là d’une excursion à la fois physique, car elle comprend portage et randonnée en forêt, culturelle avec la découverte de la faune et de la flore, mais aussi de la survie en jungle et halieutique bien évidemment.

Après le chargement de tout le matériel nécessaire sur notre embarcation, nous quittons le degrad (notre lieu de mise à l'eau) pour remonter le lac de barrage pendant 4 heures. Il s’agit d’une forêt noyée lors de la construction du barrage électrique. La pirogue d’une dizaine de mètres serpente entre les arbres morts jusqu’au barrage de Petit Saut où nous pourrons alors accéder à la rivière Sinnamary, lieu de notre aventure, car c’est bien de ça dont il s’agit.

Le fleuve Sinnamary

Pendant encore une journée, puis une seconde, nous pourrons alors remonter le fleuve pour nous enfoncer loin de toute civilisation et en plein cœur de ce joyaux vert. La destinations finale est le Saut Parasol, mais nous devrons avant en passer plusieurs, tous aux allures différentes. (Takari-Tanté, Saut Deux-Roros, Saut Dalle, etc). Au programme portage du matériel et de la pirogue à travers la forêt pour passer les différents sauts. Il faut alors couper des rondins de bois et faire rouler tant bien de mal la pirogue sur plusieurs dizaines de mètres, sur des terrains glissants et escarpés pour atteindre l’amont de la cascade.

Un minimum de conditions physique est nécessaire pour pouvoir profiter pleinement de ce séjour...

Les cascades se suivent et le paysage défile sous nos yeux. Nous découvrons tout à tour singes, perroquets, loutres géantes, serpents… Un univers hostile et pourtant si accueillant.

La survie et le campement

Pendant notre séjour, nous bivouaquerons en plein cœur de la forêt sur 3 campements différents qu’il faudra monter et démonter tour à tour. Nos nuits se passeront dans un hamac, lieu sûr où aucun insecte ou animal ne pourra venir nous piquer. Il n’y a d’ailleurs aucun moustique en pleine forêt aussi surprenant que cela puisse paraître et nous nous abstiendrons donc de la moustiquaire. Notre guide nous explique comment fixer solidement nos « lits » et installer une bâche à plusieurs mètres de hauteur pour nous protéger de la pluie.

Pour le bain, l’eau est à volonté… Il suffit d’aller dans la rivière où lors du premier soir nous rencontrerons une mygale et un caïman. Le séjour commence parfaitement !

Si la jungle peut paraître hostile et dangereuse, elle ne l’est pas tant que ça pour celui qui prend ses précautions. On ne marche pas pieds nus, on regarde où on pose les mains, on progresse doucement et surtout on secoue toujours ces chaussures avant de les mettre et on regarde sous ses pieds avant de se lever de table…

Les animaux

L’immersion en jungle c’est l’occasion d’observer et de découvrir des animaux parfois rares. Si nous n’avons pas eu la chance de faire la rencontre d’un Jaguar, nous découvrirons de multiples variétés de singes, de serpents, d’araignées et de mygales. Mais aussi des perroquets, un tapir ou encore un paresseux. Les caïmans sont évidemment très nombreux et lors des balades nocturnes ce sont des dizaines d’yeux qui brillent dans le faisceau de nos lampes.

La découverte des animaux ne se limite pas à leur observation, mais aussi à l’écoute. Si en pleine journée, vous pouvez entendre le chant des oiseaux, la nuit toute une faune se réveille et votre sommeil s’accompagnera des cris des singes hurleurs et des chants de grenouilles.

La faune aquatique est aussi très riche, et il est temps pour nous de traquer ce poisson aux allures préhistoriques qu’est l’aïmara.

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Reportage : La pêche de l’aïmara en guyane

Le matériel pour la pêche de l’aïmara

La pêche de l'aïmara au coeur de la forêt guyanaise