Balade d'estran, retour du beau temps à l'occasion des grandes marées

© Paul Duval

Après deux mois d'inactivité sur l'eau pour cause de mauvais temps, cet épisode printanier, au moment des grandes marées, ne pouvait être ignoré. Deux jours de plein soleil. Si je regarde en arrière, en général, j'arrive à trouver, en moyenne, trois ou quatre créneaux de sortie sur les mois d'hiver. Cette année, c'était totalement impossible, même avec la meilleure volonté du monde.

Retourner sur l'eau

Sur la pointe Bretagne, il a plu 47 jours non-stop, avec plusieurs tempêtes sévères. Avec Goretti, Kirstin, Ingrid, Opika, Leonardo, Nils et Pedro pour les plus fortes. Alors, quand ces deux jours de plein soleil, avec totale absence de vent, se mettaient en place au moment des grandes marées, le kayak est retourné sur l'eau. Bien sûr, je n'ai pas sorti les cannes, de toutes façons, l'espèce phare d'hiver, le lieu jaune, nous est interdit jusqu'au 1er mai, alors que les étales des poissonnerie en proposent à foison à la vente… Le bar est en reproduction, alors, nous pêcheurs de loisir, on le laisse tranquille. Mais, pas grave, retourner sur l'eau est primordial et une balade sur l'estran est la bienvenue.

Pas grand monde sur l'eau

Le 3 mars, donc, c'est 94 de coefficient, je grée mon kayak en version moteur et batterie lithium. C'est pétole sur l'eau, il fait même bon, la météo annonce 16°C. J'ai consulté le site du suivi sanitaire et contrôle des eaux. Les analyses sont bonnes et il n'y a pas de restrictions sanitaires sur les espèces convoitées. Je peux donc rechercher praires, palourdes, coquilles St Jacques, crabes.

Après une bonne heure de navigation à profiter du beau temps, je me pose sur mes coins d'estran. Pas grand monde sur l'eau, c'est parfait. Je commence, comme d'habitude, par les palourdes, je cueille ma trentaine de grosses palourdes, l'estran commence à bien se découvrir et j'enchaîne avec les grosses praires. J'en ramasse une cinquantaine en une demi-heure.

Je décide de terminer la dernière heure de vagabondage en parcourant les différentes mares entre les cailloux en traînant mon kayak derrière moi. Je tombe sur un coin à gros dormeurs. Je prélèverai un gros mâle et laisserai dans l'eau 3 grosses femelles. La maille est à 15 cm, ma règle qui s'arrête à 20 cm est trop petite pour la mesure… Je déniche aussi quelques coquilles St jacques, mais je n'ai plus le temps de faire le plein, la marée remonte, je reviendrai demain pour les rechercher spécifiquement, place au casse-croûte avant le retour.

En mode turbo

Le 4 mars, le temps est identique, la pétole est peut être encore plus prononcée. Le coefficient est de 99 et ça devrait bien descendre. Même version côté kayak, je profite de cette pétole pour passer en mode turbo sur mon moteur et je file à environ 13 km/h. Le kayak est très bas sur l'eau et l'impression de vitesse est encore plus forte, un peu comme en karting, le bruit en moins. Aujourd'hui, c'est spécifique coquilles.

Arrivé sur place, j'enfile mes waders pour une belle balade à travers les mares à la recherche de ces belles de la rade. Très vite, je les débusque, c'est un peu comme les champignons, une fois que l'on a la forme de la coquille cachée dans le sable, le cerveau enregistre avant qu'on ne soit conscient de sa présence. En 1 h 30 de marche dans les flaques, j'en prélèverai une bonne vingtaine, j'en trouverai autant en dessous des 11 cm réglementaires et elles resteront en place pour une prochaine marée, c'est dans 15 jours.

Après cette belle balade à travers l'estran, je profite d'un bon casse-croûte au soleil avant le retour. Il fait 18°C et on aimerait prolonger ce moment tant attendu…

J'y retournerai le lendemain avec un coefficient de 97, mais le temps aura de nouveau tourné, le vent s'est levé et la pluie est annoncée pour la fin de journée, fin de l'épisode printanier. Comme l'eau est troublée, je rechercherai les coquilles à l'oreille, celles qui sont échouées à sec claquent leurs coquilles. Le bruit est assez caractéristique, c'est vraiment un clac, clac, clac. En claquant ainsi elles font également un petit jet d'eau et on les repère ainsi. J'en trouverai de nouveau une dizaine.

Cet épisode printanier m'a permis de m'assurer que l'entretien d'hiver du kayak a été efficace. Cette session ouvre la saison 2026. Cette saison ne sera pas facile avec la suite de réglementations qui se sont mises en place, nous aurons l'occasion d'en reparler.

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