Débuter la pêche du bonefish : les erreurs à ne pas commettre

Le bonefish est un poisson de sport très intéressant mais qui demande un peu d'expérience. © Enjoy Fishing / Jean-Baptiste Vidal

Lorsque l'on part pour une destination exotique et que l'on recherche le bonefish pour la première fois, il y a des choses à savoir pour ne pas commettre trop d'erreurs. Voici quelques informations qui vous aideront à augmenter vos chances de réussite pour attraper vos premiers bonefish.

Le bonefish est un des poissons les plus recherchés sur les destinations « exotiques » notamment dans les Caraïbes, mais également sur la plupart des destinations en mer chaude que ce soit dans l'océan Indien ou en Océanie.

C'est un poisson plutôt grégaire qui suit l'influence des marées pour se nourrir dans très peu d'eau à la recherche de crabes, de crevettes et d'invertébrés marins.

Il est très puissant et offre aux pêcheurs des sensations inouïes du fait de sa combativité et de sa vitesse de nage, surtout lorsqu'il est piqué ! Une pêche qui se pratique principalement à vue, sur des zones peu profondes, et qui procure de belles émotions.

Les spots à bonefish

Les bonefish affectionnent les zones sablo-limoneuse dans lesquelles il trouvera une nourriture variée. Il dispose d'une bouche dirigée vers le bas afin de se nourrir sur le fond, mais cela ne l'empêche pas de venir happer une proie pélagique comme de petits poissons.

On le retrouve aussi bien sur les plages de sable, les vasières, les bordures de mangrove, ou encore dans les lagunes et lagons.

Que ce soit dans les Caraïbes ou ailleurs, il faut trouver les coins où la marée monte et descend doucement pour venir couvrir et découvrir des zones riches en nourriture que l'on appelle les flats (zone peu profonde) même si l'on peut trouver des bonefish en pleine eau.

En ayant préalablement recueilli des informations sur différents secteurs où ils maraudent, il faudra bien tenir compte des marées qui ont un rôle très important dans leur positionnement sur tel ou tel poste. Recourir à un guide de pêche local peut être très bénéfique notamment lors de ses premiers voyages.

Les poissons se déplacent en permanence, même si sur certains coins, ils peuvent réaliser plusieurs tours, et leur présence sera assurée dès lors que la nourriture qu'ils recherchent sera présente. Il faut donc être au bon endroit et au bon moment pour les trouver en train de s'alimenter.

Il faut donc marcher dans l'eau sans avoir d'eau au-dessus du genou. Les bonefish sont souvent dans très peu d'eau même si cela peut surprendre !

 

Connaitre les secteurs de passage et savoir reconnaitre un bonefish demande un peu de temps, et il faut répéter les sorties ou voyages pour s'améliorer dans la quête de ce formidable poisson de sport
Connaitre les secteurs de passage et savoir reconnaitre un bonefish demande un peu de temps, et il faut répéter les sorties ou voyages pour s'améliorer dans la quête de ce formidable poisson de sport.

Le repérage des bonefish

Sa pêche se pratique principalement à vue. Cependant, c'est un des poissons les plus difficiles à repérer dans l'eau, et comme l'appelle les anglo-saxon : le « grey ghost », ou fantôme gris, il n'est pas facile à voir malgré qu'il vienne dans peu d'eau. En effet, son mimétisme le rend quasiment invisible pour le néophyte, car il est très clair, et de la même couleur que le fond.

Il passe souvent inaperçu mais les yeux avertis d'un connaisseur ne seront pas dupes ! Il faut plutôt rechercher une ombre qui se déplace sur le fond, que le poisson lui-même. Cela demande un peu de pratique et d'expérience.

Sur les fonds plus foncés, comme l'herbe à tortue où il aime venir se nourrir, son dos sera parsemé de liserés vert foncé. Il n'est pour autant pas beaucoup plus facile à repérer.

De temps à autre, dans les eaux peu profondes, sa nageoire caudale et/ou dorsale pourra sortir légèrement de l'eau, notamment lorsqu'il prend une proie sur le fond. On appelle cela un « tailing » qui vient de tail qui signifie queue. Cela permet souvent de les repérer lorsque l'on sait reconnaitre ce comportement, notamment les jours où le soleil se fait rare.

 

Joli bonefish bahaméen capturé par l'auteur sur une gotcha
Joli bonefish bahaméen capturé par l'auteur sur une gotcha.

Les mouches à bonefish et leurs utilisations

Les mouches à bonefish représentent principalement des crevettes, même s'il ne faut surtout pas oublier les petites imitations de crabes dont ils raffolent !

Les modèles les plus connus sont les crazy charlie, gotcha, spawning shimp, verveka shimp, etc... dans des couleurs tan, olives, bruns, roses, vert chartreux.

Le plus important est d'utiliser une crevette adaptée à la taille des proies présentes (entre taille 4 et 2) et la couleur du fond. Les mouches tan et olive sont les plus employées.

De petits crabes clairs, en taille 4 et 6 sont très prenants sur les bonefish mais assez peu utilisés. Ils demandent une présentation plus proche du poisson, car ils s'animent peu contrairement aux crevettes que l'on va pouvoir animer par tirées et saccades pour les présenter devant les poissons en déplacement.

Pour l'animation des mouches crevettes, il est important de ne pas la ramener trop vite, et à contrario trop doucement (rarement le cas) car le bonefish aime prendre ces proies sur le fond. Il faut donc animer en fonction du comportement du poisson que l'on voit suivre et faire des pauses pour que la mouche retombe sur le fond. Les tirées doivent être entre 10 et 30 cm rarement plus et plus ou moins espacés de pause en fonction de l'agressivité des poissons.

NB : l'important est de bien intercepter la trajectoire de déplacement des poissons afin qu'ils trouvent votre mouche sur leur passage.

 

Ce bonefish était en tailing sur de l'herbe à tortue. L'oeil aiguisé de l'auteur aura permis de repérer le petit bout de queue hors de l'eau. Une petite imitation de crevette olive non lestée fera le job!
Ce bonefish était en tailing sur de l'herbe à tortue. L'oeil aiguisé de l'auteur aura permis de repérer le petit bout de queue hors de l'eau. Une petite imitation de crevette olive non lestée fera le travail !

Le ferrage du bonefish

Une des principales erreurs qui concerne le ferrage des bonefish est de lever la canne comme pour la truite. Dans ce cas, on retire souvent la mouche de la bouche des poissons et de plus celle-ci se retrouve éloignée si le poisson a raté sa prise ou si vous avez ferré trop hâtivement.

Il suffit simplement de garder la canne basse, au ras de l'eau, et d'exercer une longue tirée pour planter la mouche dans la gueule du poisson puis laisser partir le poisson et lever la canne progressivement.

Dans ce cas, si le ferrage est raté, ou le bonefish a mal pris la mouche, il la retrouve devant lui et peut l'attaquer et la prendre à nouveau.

Cela demande un coup de main tellement nous avons l'habitude de lever la canne pour ferrer un grand coup, mais en mer que ce soit pour le bonefish, le permit, le tarpon ou tout autre poisson, le ferrage s'effectue à la soie !

La gestion du combat

Le premier rush ou départ du poisson est souvent très violent. Les débutants se font souvent casser à cette étape. Il est important de garder une certaine tension dans la soie tout en écartant les bras pour éviter que la soie ne vienne se bloquer dans le moulinet, la manivelle ou le talon de la canne et laisser le poisson prendre la soie que l'on a dans ses pieds. S'il revient vers vous, exercer de longues tirées pour garder la tension puis, dans un second temps le poisson prendra la fuite de toute manière et vous prendra la soie qui est hors du moulinet avant de prendre encore plus de soie contenue dans le moulinet. Les rushs peuvent être de plusieurs dizaines de mètres et il n'est pas rare de se faire prendre du backing !

Le frein devra préalablement être bien réglé et être ni trop serré (risque de casse), ni trop lâche (risque de perruque) pour freiner votre bonefish dans son départ et lors du combat. Il est fortement recommandé de ne pas combattre le poisson avec la soie en main comme pour la truite notamment, mais depuis le moulinet pour mieux le fatiguer et éviter la casse du bas de ligne si l'on empêche la soie de partir au bon moment, ou que l'on marche sur celle-ci ou encore si elle se coince quelque part.

Le bonefish part et revient plusieurs fois avant de se rendre. Les combats sont violents et peuvent durer un certain temps. Un vrai plaisir pour le pêcheur !

En fin de combat, il faut faire attention au dernier rush, puis amener son poisson dans le bord avant de s'en saisir une fois bien fatigué
En fin de combat, il faut faire attention au dernier rush, puis amener son poisson dans le bord avant de s'en saisir une fois bien fatigué.

Fin de combat et remise à l'eau

Une fois le poisson fatigué, lorsque cela est possible, il est bon de ramener son poisson dans le bord, et soit de le poser sur le sable en le laissant au maximum dans l'eau, soit d'attraper votre fil pour lui sortir la tête et l'attraper pour lui ôter votre mouche. Attention au redémarrage de fin de combat qui peut occasionner une casse !

Pour la remise à l'eau, garder votre poisson dans l'eau sans exercer de va-et-vient inutile (contraire au sens de circulation naturelle de l'eau entre les branchies des poissons) et le laisser partir de lui-même lorsqu'il aura repris ses esprits et sera prêt.

N'hésitez pas à le regarder partir et le suivre des yeux aussi loin que possible pour vous habituer à repérer la silhouette et à entrainer vos yeux. Plus vous répétez cette opération, plus vous serez capable de mieux voir les bonefish sur les flats !

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