J'ai eu la chance de me rendre deux fois en Nouvelle Calédonie pour aller défier les gros bonefish qui vivent dans les eaux turquoise de cette île splendide.
Sur ces mêmes flats, de belles carangues passent se nourrir et offrent de belles actions de pêche à vue comme on peut la pratiquer pour les bonefish.
Equipé d'une canne de puissance 9, en soie flottante et avec des crevettes de belle taille, ces carangues peuvent très bien être pêchées avec le matériel que l'on utilise pour le bonefish.

Les carangues mouchetées passent parfois sur les flats à bonefish et prennent bien la mouche. Ici un très beau spécimen capturé par l'auteur
Découverte des carangues mouchetée
Quelle fut ma surprise quand la première fois je vis une grosse carangue papouasie ou mouchetée (caranx papuensis) arriver sur un des flats de l'île des Pins où nous recherchions les très gros bonefish calédoniens !
Ces poissons aux allures de GT ou Giant trevally (carangue ignobilis) en taille réduite, passent sur les flats ou aux abords, à vive allure. Elles se nourrissent de petits poissons, mais ne dédaignent pas d'autres proies comme les crabes et les crevettes.
Si l'on est assez rapide pour déclencher un long lancer pour intercepter leur trajectoire avec nos mouches à bonefish, souvent des imitations de crevettes, elles sont souvent intéressées, et les refus sont rares.
Nous utilisons souvent de grosses crevettes lestées, montées sur hameçons fort de fer en taille 2 ou 1/0. De ce fait les carangues, qui sont opportunistes ne dédaignent pas ces imitations de crevette XL.
Il faut rapidement animer la mouche pour que les carangues qui sont souvent solitaires détectent notre imitation. Si c'est le cas, elles viennent souvent se ruer dessus d'un coup de nageoire.
Le ferrage s'effectue à la soie comme pour le bonefish, car leur gueule est cartilagineuse, puis il faut bien garder la soie tendue pour faire pénétrer l'hameçon dans la gueule un peu plus dure de ces poissons.
Le premier rush est très violent et il faut bien faire attention aux premiers départs car les risques de casse sont élevés si l'on n'a pas l'habitude de se faire prendre plus de 100 mètres de backing dès le premier rush ! Une fois cette course passée, la carangue revient vers nous et tente d'effectuer un second départ qu'il est plus facile à contrer que pour le bonefish. Mais si elles dépassent les 5 kg, le deuxième rush est lui aussi long et puissant.
Les combats durent plusieurs minutes avec ces poissons très endurants qui sont aussi vifs et rapides que leurs cousines, les jacks que l'on trouve dans les Caraïbes.
Elles font souvent entre 2 et 7/8 kg, même s'il passent parfois de plus petits spécimens, donc ce sont de très beaux poissons à prendre à la mouche.

De belles golden sur les flats !
Certains jours la carangue golden (gnathanodon speciosus), passent aussi se nourrir sur ces mêmes flats. Contrairement aux carangues mouchetées, elles avancent plus doucement et recherchent vraiment crabes, crevettes et invertébrés, au même titre que les bonefish, du fait de l'absence de dentition. Nous avons donc le temps de bien effectuer notre lancer pour positionner la mouche sur la trajectoire du poisson qui avance en regardant vers le fond pour chercher ses proies.
A l'instar du permit ou de la carpe, ces poissons s'inclinent doucement vers le fond pour venir happer leurs proies et donc nos imitations. Le ferrage se fait aussi à la soie, mais plus en douceur car ces carangues ont des lèvres molles et fragiles. Il faut bien attendre qu'elles prennent avant de ferrer sous réserve de ne pas les piquer au bon endroit.

Le rush n'est pas aussi violent que leurs consœurs ou les bonefish, mais tout à fait respectables ! Les gros spécimens ne sont pas rares dans les eaux calédoniennes.
Ce sont de jolis poissons et ils sont souvent de belles tailles sur les flats à gros bonefish.
On retrouve cette espèce sur les flats australiens et dans certaines parties de l'Océan Indien.

Ma première carangue ignobilis
Lors d'un second séjour en Nouvelle Calédonie, nous avons pêché d'autres flats de l'île principale. A la recherche de bonefish qui se faisaient rares, je suis tombé sur un poisson qui avançait à vive allure entre deux eaux. Ne sachant pas à quelle espèce j'avais affaire, j'ai lancé ma mouche quelques mètres devant et attendu que le poisson se rapproche de ma mouche avant de l'animer pour voir s'il réagissait. Dès les premiers strips le poisson a accéléré et a pris dans la foulée mon imitation de crevette.
Le rush m'a surpris car ce poisson était de taille modeste. Même proche de moi, le poisson ne voulait pas se rendre. Il s'est avéré que j'avais dans mes mains ma première carangue ignobilis ! Une nouvelle espèce de validée même si ces carangues deviennent très grosses pouvant dépasser le mètre, appelée aussi la Giant Trevally. Celle-ci est juste un juvénile, mais une caranx ignobilis quand même. Une belle surprise et une capture qui fait tout de même plaisir !

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