Le silure glane, nuisible ou formidable poisson de sport ?

Depuis son apparition en France il y a une trentaine d’années, le plus gros carnassier d’eau douce déchaîne les passions ! Certains le considèrent comme une espèce invasive mais d’autres pêcheurs moins fatalistes voient en ce poisson une formidable adversaire auquel se mesurer à la ligne !

Entre mythes et légendes

Déjà sur des reliques de fresques qui appartiennent au passé, on pouvait voir des silures représentés comme des monstres dévorants des bébés, des enfants, des chiens et j’en passe. Certaines toiles dépeignent des « héros » qui posent fièrement à côté du monstre qu’ils ont réussi à capturer et à tuer ! Voilà le décor est posé, dans cette ambiance féerique on comprend facilement pourquoi le silure a si mauvaise réputation auprès du grand public. C’est un peu comme le loup dans l’histoire de France…  En gros, le silure serait un méchant, un ogre qui mange tout ce qui bouge !

Quand on écoute l'introduction des dents de la mer, on a l'impression d'avoir un résumé actuel de la perception du silure par le grand public

Un peu de culture ça ne fait pas de mal

Que des non-pêcheurs évoquent le silure comme un monstre d’eau douce, cela peut se comprendre, mais le pire c’est que c’est aussi la façon de penser de certains pêcheurs ignorants. Heureusement, aujourd’hui grâce à de vrais pêcheurs passionnés de silure comme Jean-Claude Tanzilli ou Xavier Vella, nous connaissons et comprenons un peu mieux ce géant d’eau douce qui est loin d’être l’ogre insatiable imaginé par des ignorants. Grâce à différentes études on sait également qu’en réalité le silure à une activité alimentaire très faible ! Certes, il a la capacité de manger de grosses proies comme des canards, des rats, des chevesnes, des carpes, mais c’est un gros fainéant, il chasse peu et passe la majeure partie de son temps caché sur le fond, dans les bois morts ou les herbiers. Quand il se met en chasse les attaques peuvent être très impressionnante, mais la quantité de proies prélevés par le silure ne nuit pas à la biodiversité, à moins d’être sur un milieu vraiment restreint comme un petit étang, l’impact estinsignifiant et les espèces cohabitent sans problème avec le silure.

Petit silure de fleuve pris au leurre

Pêcheurs et chasseurs

Les premiers à se plaindre sont souvent les chasseurs de gibier d'eau qui subissent des attaques sur les appelants. Effectivement le silure est un gros pâté opportuniste et trés malin, un canard vivant attaché toute la nuit sur l'eau est une occasion en or pour lui...

Du côté des pêcheurs, se sont souvent les viandards manias du congélateur, qui se plaignent de la raréfaction du poisson à cause du silure, mais qui feraient mieux de remettre sérieusement en cause leurs prélèvements abusifs ! Mais bon nombre d’entre nous ont aussi compris que c’est un formidable poisson de sport qui procure des sensations fortes !

Approche d'un silure caché sous un sôle, on l'aperçoit au bout de la canne

L’impact sur les grands migrateurs

Je peux comprendre que le silure soit un problème sur la prédation des poissons migrateurs qui sont vulnérables au niveau des passes à poisson. Le silure est un carnassier très intelligent doté d’un fabuleux pouvoir d’adaptation. Mais le problème en soit-ce n’est pas le silure, mais plutôt les ouvrages artificiels (écluses, barrages…) qui bloquent les migrateurs qui sont obligés de s’entasser devant une passe à poisson pour continuer leur remontée ! Les silures sont justes opportunistes, ils profitent des constructions humaines qui piègent le poisson pour se nourrir facilement.

Laisser faire la nature

Il faut être réaliste, exterminer tous les silures est loin d’être la solution et c’est de toute façon impossible. La population de silures se régule toute seule, les plus gros sujets mangent les plus petits. Inutile d’intervenir et de tout dérégler comme on sait si bien le faire !

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