La F.N.P.P. veille au grain et défend les intérêts des pêcheurs

Bars dans un vivier sur un bateau en pêche

En cette période estivale, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a tenté de faire passer un texte qui portait de nombreux points de désaccord relevés par les fédérations de pêche. Heureusement la F.N.P.P. (Fédération Nationale de la Plaisance et des Pêches en mer) a réussi à contrer cette tentative.

Les points de désaccord entre les fédérations et le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (le ministère de Didier Guillaume) portaient principalement sur :

  • L’obligation pour les pêcheurs de loisir de couper une partie de la nageoire caudale de certains poissons dès leur arrivée à bord
  • La mise en place d'un permis de pêche en mer
  • Le très faible quota accordé pour ce qui est de la pêche du thon rouge
  • Le souhait des fédérations de passer à au moins 2 bars par jour et par pêcheur sur les zones de la pointe du Finistère, de La Manche et de la mer du Nord

À la demande de nombreuses instances  de pêche, une réunion de concertation s’est tenue le 19 juillet 2019 à Paris pour évoquer ces points d’actualité.

Couper la nageoire caudale

Quand couper la nageoire caudale ?

Pour limiter le braconnage et surtout pour éviter que les pêcheurs de loisir revendent le poisson dans les étals des poissonniers ou les restaurants, il est demandé de couper la nageoire caudale.

Tous les poissons ne sont pas soumis à cette loi qui impose de couper la queue avant le débarquement. Les poissons concernés sont :

  • Le bar
  • Le lieu jaune
  • La bonite
  • La daurade royale
  • Le lieu noir
  • Le maquereau
  • La morue (cabillaud)
  • Le maigre
  • La sole commune
  • Le homard       

couper la caudale d'un homard

La nouvelle loi voulait que la queue soit coupée dès lors que le poisson était monté à bord du bateau (et non pas en débarquant le poisson). Cela n'est pas réaliste pour les pêcheurs sportifs équipés d'un vivier par exemple qui relâchent leur proie une fois éloignée de la zone de pêche (afin de ne pas effrayer les poissons toujours sur place). Idem quand on a le droit de pêcher 3 bars par jour, pourquoi ne pas choisir les plus spécimens que l'on tient à conserver à la fin d'une belle journée de pêche ? Couper la nageoire caudale oblige à tuer le poisson dès qu'il est à bord…

L’ensemble des fédérations représentatives conteste la rédaction du projet et sa parution en période estivale. Il a été décidé de surseoir à sa parution et d’attendre les conclusions de la mission parlementaire présidée par le Sénateur Pierre Médevielle.

Actuellement seuls les poissons débarqués à terre doivent avoir la caudale coupée.

Non au permis de pêche en mer

Le sujet du permis pour la pêche en mer a aussi été abordé au cours de cette réunion. L’ensemble des fédérations a confirmé leur opposition à la mise en place d’un permis de pêche en mer. Comme elles l’avaient déjà exprimé dans le cadre de la charte pour une pêche de loisir écoresponsable, les fédérations sont favorables à une déclaration gratuite et obligatoire des pêcheurs de manière à mieux les informer et les sensibiliser aux bonnes pratiques. Pour les espèces en difficulté pour lesquelles le prélèvement de la pêche de loisir pourrait s’avérer significatif (et uniquement pour ces espèces), une déclaration des prises et leur limitation dans le cadre d’un quota mensuel ou annuel devraient être mis en place conformément au plan pluriannuel récemment validé par les instances européennes.

Pêche au thon rouge

Augmenter le quota pour la pêche au thon

La répartition du quota thon rouge a aussi été soulignée. Dans ce domaine, la France ne respecte pas les recommandations européennes et internationales. Les fédérations espèrent "que le rapport de la mission parlementaire préconisera une nouvelle répartition plus juste et plus en rapport avec les enjeux économiques et sociologiques des différentes pêcheries." Aujourd'hui un quota de 1% de la pêche au thon rouge est réservé pour la pêche de loisir. Avec la recrudescence de ces poissons, les fédérations de pêche pensent qu'il serait intéressant de le passer à 2%...

1 ou 2 bars par jour au nord du 48eparallèle ?

Dans le cadre des instances européennes, la commission et la plupart des pays européens semblaient favorables à un passage de 1 à 2 bars par jour au nord du 48e parallèle à partir du 1er juillet 2019. Selon les informations des fédérations, la France s’y serait opposée. La balle est désormais dans le camp du Ministre et de ses services pour préciser et motiver leur position.

Jean Kiffer, le président de la F.N.P.P. interrogé par Peche.com, déplore d'ailleurs que le ministère et les représentants de la pêche professionnelle y soient fortement opposés malgré l’avis favorable du parlement Européen.

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