L’orphie, le poisson mal-aimé des pêcheurs en mer

Un poisson à éviter si possible. © Jean-François Leroux

Les côtes françaises sont particulièrement riches en espèces de poissons variées toutes plus amusantes les unes que les autres à pêcher et à savourer ensuite avec modération et gourmandise. Tous les poissons sauf un.

L’orphie (ou aiguillette) fait l’unanimité contre elle de la part des pêcheurs et pourtant, il nous arrive souvent d’en pêcher bien involontairement. S’il y a bien un poisson que les pêcheurs rechignent à ramener jusqu’au bateau quand il est au bout de ligne, c’est bien l’orphie. L’une des raisons qui justifient ce désintérêt des pêcheurs est l’emmêlement quasiment inévitable du fil que provoque ce satané poisson.

Une odeur qui perdure

L’orphie, lorsqu’on la touche, laisse une odeur sincèrement désagréable qui perdure sur les mains. La solution idéale pour ne pas s’en imprégner est probablement d’utiliser un chiffon pour décrocher ce poisson avant de le remettre à l’eau, mais il est fortement conseillé de mettre celui-ci à la poubelle en rentrant au port.


Une orphie pêchée, c'est emellement du fil assuré.

Difficile à éviter

On trouve des orphies particulièrement actives lorsqu’elles se rapprochent de la côte de mai à août. Cette période correspond aussi à sa période de reproduction. Particulièrement sensible au charme des leurres de surface, l’orphie est très vorace et s’attaque à tout type de leurre ou d’appât. La taille d’une orphie adulte est d’environ 30 centimètres. La seule qualité que l’on peut lui accorder est purement esthétique avec son petit rostre et ses couleurs bleutés.

Attention au petit rostre

Avec son apparence de "bébé marlin", l’orphie peut toutefois être dangereuse avec son petit rostre (bec) piquant et ses petites dents. Attention aux yeux quand vous la manipulez. Selon moi, ce poisson n’a aucune valeur gustative et c’est sans doute pour cela qu’elle ne figure quasiment jamais sur les étals des poissonneries. Pour l’anecdote, alors que j’étais encore gamin, ma grand-mère, qui avait cuisiné la pêche de mon père, m’avait servi une aiguillette cuite dans mon assiette en me disant : "Tu vas voir, c’est bon pour la santé et il y a une arrête bleue/turquoise au centre qui est très belle". Elle ne m’a eu qu’une fois !

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