Chroniques d'un pêcheur à la mouche parisien débutant et enthousiaste

Se lancer dans la pêche à la mouche

« Si j'y arrive, ça veut bien dire que le plus grand nombre peut y arriver. » C'est avec ces quelques mots que Nicolas, quadragénaire vivant à Paris depuis près de 20 ans, résume son apprentissage de la pêche à la mouche et nous emmène avec lui.

Se remettre à la pêche

Gamin, je pêchais au lancer sur les bords de la Garonne ou du canal du midi avec mes potes. On prenait des black bass, des brochets, des sandres… Au moyen de cuillères et autres « rapalas » qui avalaient la quasi-totalité de notre argent de poche. Mais on trouvait ça génial.

Puis la vie parisienne m'a avalé : métro-boulot-apéro-Netflix-dodo. Jusqu'à ce fameux dimanche où, après avoir scrollé pendant deux heures sur des vidéos YouTube de types pointus au milieu de rivières cristallines, je me suis dit : "Et si je m'y remettais ?"

Sauf que cette fois, exit les leurres souples et les cannes à lancer ; place à la mouche artificielle.

Ce qui m'a séduit ? L'idée de déconnecter pour de vrai. Pas de réseau, pas de notifications, juste le bruit de l'eau et un moment pour moi.

La pêche à la mouche, c'est le contraire parfait de notre époque ou du moins de la façon dont je la vis. Ça demande de ralentir, d'observer, de se planter mille fois avant de comprendre. C'est contemplatif. Enfin ça, c'est la théorie. La pratique, au début est un supplice pour son propre ego.

La mouche partout, tout le temps, pour tout le monde

Première découverte : la pêche à la mouche, ce n'est pas QUE la truite dans des torrents de montagne. J'ai appris que la pratique permettait aussi bien de pêcher le bar en Bretagne, que le brochet dans les lacs.

Mieux encore : on peut pratiquer toute l'année, l'été évidemment, mais aussi l'hiver grâce aux réservoirs. Partout où il y a de l'eau, il y a potentiellement du poisson. Et partout où il y a du poisson, on peut (théoriquement) pêcher à la mouche.

Disons "théoriquement" parce qu'entre la théorie et arriver à poser sa mouche où on veut, il y a un gouffre. Un gouffre dans lequel tout débutant devra tomber, et plusieurs fois.

Comment j'ai survécu à mes débuts (et où trouver de l'aide) ?

Apprendre la pêche à la mouche quand on habite Paris, que l'on travaille et qu'on a une vie de famille, c'est possible, mais il faut être motivé. J'ai évidemment commencé dans le confort de mon salon via YouTube et des tutos où tout semble facile et accessible.

Puis j'ai découvert l'association de Pêche locale qui organise des initiations. Premier samedi de juillet, rendez-vous au cœur du bois de Vincennes, je suis seul au milieu des habitués, Didier mon référent est un jeune retraité, dynamique et passionné. Il se découvrira grâce à moi une patience bouddhiste.

Premier essai, Didier me prête une canne et me prodigue les premiers conseils. Après 2 heures, j'ai bien compris que ce n'était pas gagné, mais pas impossible non plus. Alors ma ligne s'est emmêlée. Neuf fois. Mais le plaisir était là.

Depuis, je suis devenu membre d'une petite association. On se retrouve presque tous les dimanches.

Alors oui Paris et les grandes zones urbaines se prêtent moins que des lieux baignés de nature. Mais des passionnés, prêts à transmettre, à vous mettre le pied à l'étrier, il y en a partout. Il suffit de chercher un peu. Et d'accepter de passer pour un idiot les trois premiers mois.

Mon conseil après 3 mois et 7 séances : lancez-vous. Littéralement. Même si vous êtes nul. Même si votre lancer ne ressemble à rien. La pêche à la mouche, c'est l'école de l'humilité. Et franchement, à notre époque où tout le monde se la raconte sur LinkedIn, ça fait un bien fou de se sentir à nouveau débutant.

La prochaine, je vous raconte mon premier achat de matériel. Ou comment j'ai failli dépenser 2000 euros parce qu'un vendeur m'a expliqué que "le carbone japonais, ça change tout".

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