Organiser une compétition float-tube se prépare de longs mois à l'avance. Il faut d'abord trouver le terrain de jeu adéquat : un plan d'eau ou une rivière avec une bonne population de poissons et une navigation sans risque. Je suis secrétaire d'une association de pêche en Seine-Maritime et nous gérons la pêche sur une ancienne ballastière de 45 ha. Le lieu idéal. Il faut composer avec les activités nautiques : chez nous, la compétition est organisée hors saison, le deuxième dimanche de novembre, en accord avec le propriétaire du plan d'eau. Les autorisations passent par des commissions, d'où la nécessité de faire une demande écrite au moins six mois avant la date choisie.

Bénévoles et règlement
Ensuite, il faut rassembler un maximum de bénévoles : nous sommes une douzaine environ pour encadrer une trentaine de pêcheurs et les curieux. Il faut distribuer les tâches pour le jour de la compétition : certains seront là tôt le matin pour l'accueil, d'autres se relaieront sur l'eau pour jouer le rôle de commissaires, il y a ceux qui préparent café, déjeuner et pot de l'amitié, ou encore ceux qui renseignent les promeneurs.
Une fois l'équipe montée, il faut penser au règlement de la compétition : en quatre ans chez nous, il a évolué face aux attentes des pêcheurs. Mise en place de quota, d'un système de points, de classements jeunes/adultes, les équipements obligatoires ou interdits, un remboursement en cas d'intempéries, les autorisations parentales pour les mineurs… Tout doit être pensé à l'avance pour éviter tout litige. Je vous partage le règlement de l'édition 2025 si vous souhaitez vous en inspirer.

Dotation
La recherche de lots se fait aussi longtemps à l'avance. Il faut solliciter les différentes marques avec un dossier sérieux, une simple demande sur Facebook ne suffit pas. Nous avons monté des dossiers avec le règlement, une affiche attrayante, une mise en avant des sponsors, des photos… Les marques sont constamment sollicitées alors démarquez-vous ! J'en profite pour remercier Fiiish, Rapala-VMC, Shimano, Illex… Une partie du montant des inscriptions est généralement transformée en dotation.
Pour notre part, nous achetons dans un magasin partenaire (Alcedo Pêche Yvetot) et uniquement des leurres ou accessoires des marques qui nous soutiennent : c'est gagnant-gagnant ! Personnellement, j'aime gonfler la dotation pour les trois premiers et pour les big fish, que chacun reparte avec au moins un lot et que les jeunes soient largement récompensés. Il faut aussi faire une belle affiche, vous pouvez utiliser l'outil Canva qui propose des modèles sympas.

Les inscriptions
Attention à limiter le nombre d'inscrits, il ne faut pas voir trop grand. Par exemple, nous sommes passés de 25 à 30 compétiteurs une fois seulement l'événement bien rodé. Au sujet des inscriptions d'ailleurs, vous ne ferez jamais consensus. Les premières années, nous avons lancé des inscriptions en ligne : ceux qui sont mal à l'aise avec l'informatique ont loupé le coche, car les places sont parties en moins de 3 minutes.
Nous avons ensuite préféré mettre en avant notre partenaire principal, le magasin de pêche local et dépositaire de nos cartes de pêche. Cette fois, ceux qui travaillaient le jour J ou n'avaient pas de véhicules pour venir au magasin ont grogné… Prévoyez une liste d'attente car il y a toujours des désistements. Chez nous, le tarif est de 25 euros, repas compris, 15 euros pour les jeunes. Nous ne tirons aucun bénéfice. Nous prêtons aussi du matériel, surtout aux mineurs qui n'ont pas forcément un float-tube ou un gilet.
Derniers préparatifs
Un mois environ avant la compétition, je contacte l'assurance de l'association pour être couvert en cas d'accident. Une semaine avant, je préviens la caserne de pompiers de l'organisation de notre manifestation, on ne sait jamais. Puis je vérifie que les paiements ont été honorés et j'appelle les compétiteurs un par un pour leur rappeler le lieu et l'heure de rendez-vous ou encore les points réglementaires essentiels comme l'obligation de porter un gilet de sauvetage ou d'avoir une épuisette et une longue pince. On peut aussi fonctionner par mailing list ou par un groupe Whats'App. En cas de mauvaise météo et d'annulation, il faut pouvoir avertir tout le monde très vite.

La compétition
Les tableaux de score sont imprimés, les talkies-walkies pour coordonner les opérations entre bénévoles sont chargés, les croissants sont chauds et les lots sont dans un endroit sécurisé : nous sommes prêts. Au sein de notre AAPPMA, nous avons préféré couper la journée en deux pour les compétiteurs avec pause-déjeuner dans un endroit sec : c'est un moment super convivial qui permet de se réchauffer et d'échanger sur les stratégies. C'est plus coûteux, mais le partage est primordial.
Chaque année, nous accueillons la presse locale qui vient faire un reportage : le loisir pêche, l'association et les sponsors en sortent grandis. La communication, l'ouverture aux autres, sur ce genre d'événement, est importante. Il ne faut pas rester en vase clos. Prévoyez quelques idées de reportage pour les journalistes, sinon vous aurez le sujet récurrent : "c'est quoi la pêche en float-tube"... Proposez-leur de suivre le plus jeune compétiteur, le plus âgé, une femme, de faire un zoom sur le brochet, un bénévole méritant…

Enfin, n'oubliez pas de prendre des photos et des vidéos. Elles vous serviront à prolonger l'événement sur les réseaux sociaux, à communiquer auprès des partenaires ou encore à monter l'affiche de l'édition suivante. Une fois lancé, on ne s'arrête plus !

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