Souvenir de pêche / Souvenirs de pêche sur le Sègre : rencontre avec les lingots et les zébrées de Catalogne

© Jacques Del Arco Aguirre

Ayant toujours habité dans le sud - ouest de la France, juste au nord des Pyrénées, les rivières espagnoles situées de l'autre côté des montagnes ont longtemps été des idées de voyages de pêche pas trop éloignés.

Après avoir découvert l'Aragon il y a quelques années, j'ai enfin franchi le chaine de montagne pour aller découvrir la Catalogne en avril 2019. Avec une seul rivière en ligne de mire : le Sègre.

riviere-Segre-Espagne
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Des débuts difficiles sur le Sègre

Me voilà parti, seul : j'ai rendez-vous le soir même avec mon compagnon qui me rejoindra à Oliana où nous avons prévu de passer 2 nuits. Je traverse la frontière à Bourg-Madame, où je croise donc le Sègre pour la première fois. C'est ici un petit torrent de montagne : j'ai hâte de découvrir un cours d'eau plus imposant en aval. En descendant dans la vallée, la rivière est de plus en plus belle, j'ai envie de m'arrêter partout pour sortir la canne… Mais je ne dispose que d'une grosse heure de pêche cet après-midi, avec la route à faire. C'est dans les alentours d'Alàs que je me décide à sortir le fouet : un pont enjambe la rivière, puis un petit sentier carrossable longe la rivière, magnifique. Je décide d'attaquer en nymphe au fil, en l'absence d'activité en surface des poissons. Et sur le deuxième petit poste, c'est le « drame » : une petite veine d'eau, ma mouche se fait violemment attaquer ! La truite descend le courant plein gaz, j'essaye de la brider un peu, cassé… sous le regard de 2 cormorans qui semblent s'amuser de la situation. Premier contact raté avec le Sègre 😊

cormorans-segre
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Je décide d'aller observer le coup sur lequel nous pêcherons demain matin : le parcours intensif d'Oliana. Perché sur le pont en fin de journée, une belle population de barbeaux me narguent dans les courants, quelques jolies truites sont aussi présentes. Ça promet !

Mais le lendemain matin, si le beau temps est bien au rendez-vous, les poissons se font bien discrets. Soit nous passons totalement à côté de la pêche, soit les poissons sont calés et ne veulent rien savoir : nous ne le saurons jamais… Après un bocadillo vite avalé, nous changeons de secteur, pour prospecter les environs d'Organyà. Le soleil commence à taper, très peu de monde sur la rivière : ni pêcheur, ni poisson à l'horizon. Jusqu'à ce que la rivière s'éveille, furtivement. 30 minutes où les poissons se mettent à table, en gobant tout ce qui passe à proximité de leurs caches… Le temps pour nous de se faire casser en sèche sur 2 jolis poissons et de décrocher 2 magnifiques zébrées à l'épuisette. Que des poissons de 40 à 50 centimètres… Ce qu'on peut appeler une journée noire !! Nous parvenons tout juste à mettre un poisson au sec en fin de session, pour ne pas finir cette journée sur un capot monumental. Il faut se remettre en question, le soir venu, autour des tapas, et du « vino tinto » venu noyer notre chagrin (relatif)…

truite-Espagne
truite-Espagne

Le lendemain matin poursuit sur notre (mauvaise) lancée de la veille : quelques petites tapes, mais pas d'attaques franches… La journée s'égrène, le moral des pêcheurs est touché.

Nous insistons maintenant depuis 2 heures sur de magnifiques courants vers Adrall, en voyant le moment du retour approcher à grand pas… C'est à ce moment que les poissons s'agitent, tout d'un coup, comme la veille. Nous pêchons en nymphe au fil, et ce doit être au trentième passage sur cette veine d'eau qu'elle se décide enfin. Un splendide lingot d'or vient récompenser notre attente, après un joli combat qui m'aura sembler durer une éternité.

truite-rio-segre
truite-rio-segre

Sur le coup de ligne suivant, c'est un poisson du même gabarit qui vient rejoindre l'épuisette. Nous ne prenons pas le temps de faire de photo, pensant qu'il faut profiter de cet instant de folie pour enchaîner les prises. Et effectivement, 2 minutes plus tard, exactement sur le même coup, c'est un poisson de plus de 60 centimètres qui s'est décidé à attaquer nos nymphes !! Cette fois ci, nous ne poserons pas la question de la photo : c'est (encore) une casse qui sanctionnera un poisson sans doute trop bridé, ou un bas de ligne peut être fatigué par tant d'émotions…

Et puis la rivière s'endort aussi soudainement qu'elle s'était éveillée, sans prévenir. C'en est fini pour cette découverte du Sègre. Avec une (toute) petite déception d'avoir manqué de jolies prises, mais surtout avec le sentiment de désormais « connaître » de magnifiques spots pour de prochaines sessions. Un nouveau terrain de jeu.

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