Souvenir de pêche / Un coup de fusil pour un très gros sandre aux leurres souples

Les sandres sont capables de touches multiples aux allures bien différentes, mais celle qui est caractéristique et qui fait vibrer les pêcheurs, l’espace de quelques instants est bien ce coup de fusil. Cette touche violente, rapide et sèche qui vibre dans le bras et qui est bien souvent inratable.

Lorsque les sandres sont en pleine activité et que la présentation du leurre est adaptée, leurs touches peuvent être d’une grande violence et rapidité. Tout pêcheur de sandres sait à quel point il faut être concentré et que s’il s’agit parfois juste d’un poids mort, d’une sensation de perte de tension ou d’un petit coup de nez qui pousse le leurre, il existe une touche typique que, pour ma part, je savoure toujours avec autant de plaisir : le coup de fusil, une attaque franche rapide et qui témoigne d’agressivité.

Une pression de pêche nécessitant de s’adapter

Nous sommes en plein cœur de l’île-de-France, en Seine, début juillet. J’ai débuté ma traque du sandre depuis 3 semaines environ pour les laisser se reproduire en toute quiétude. À cette période, je connais un spot particulièrement prolifique où j’y ai fait pendant plusieurs années de très belles pêches, quelle que soit l’heure de la journée. Mais depuis 2-3 ans, à la faveur des forums et réseaux sociaux, la pression de pêche a explosé et il s’agit maintenant de bien choisir ses créneaux horaires et de faire preuve d’adaptation dans les présentations.

Un spot typique

Une sortie d’eau concentrant le menu fretin, suivie d’un grand plateau très encombré et abritant deux petites fosses et une grande cassure en travers du courant. La pêche de cet endroit demande connaissances et expériences pour présenter son leurre au meilleur endroit et une technique maîtrisée pour ne pas passer son temps accroché… Mais à la clef de très belles sorties sont possibles mêlant sandres, silures, barbeaux et perches.

Depuis quelques jours, une vingtaine de mètres de tresse est suspendue dans le courant à la suite d’un accrochage par un pêcheur, ce qui gêne considérablement les dérives et l’évolution de son leurre.

30 minutes avant le lever du jour

J’arrive sur le spot 30 minutes avant le lever du soleil et je sais que dans ces derniers instants de pénombre, la finesse et la légèreté des présentations sont primordiales pour déclencher les sandres. Malgré le courant et la profondeur, seul des leurres finesses montés en 7 g et survolant le fond arrivent à déclencher une réaction.

Les premières dérives sont fortement perturbées par le long morceau de tresse barrant le spot et je décide alors de me décaler pour changer d’angle de lancer et pouvoir aborder au mieux la plus grande cassure.

Un leurre suspendu et un coup de fusil

Après un lancer lointain pour m’écarter le plus possible de ce brin de ligne gênant, j’entame ma dérive. Mon leurre survole le fond naturellement et je reprends le contact que tous les 3-4 mètres en en accompagnant bien sa descente avec ma canne. J’arrive sur la fin du plateau, ma ligne frotte contre la tresse suspendue et perturbe mon animation. Sachant très bien que j’arrive sur la zone la plus propice, la fameuse cassure, je continue ma dérive.

Tant bien que mal, j’accompagne ma descente du leurre dans la cassure pour épouser le relief du fond. Mon leurre descend vraiment lentement suspendu par la ligne dérivante et alors que j’arrive au plus bas de la cassure, le coup de fusil tant attendu. Une touche d’une rare violence qui me résonne dans tout le bras et qui entraîne un ferrage réflexe aussi sec.

Les coups de tête des gros sandres

Les premiers coups de tête, puissants et lourds typiques des sandres de plus de 80 cm ne me laissent aucun doute sur l’identité et la taille de mon adversaire.

J’ai du mal à l’extirper de ce brin de tresse particulièrement pénible et je sens ma ligne frotter de tout son long jusqu’à ce qu’elle se libère.

Le combat est puissant tout en lourdeur et en coups de tête rageurs. Les rushs sont rares avec le sandre et se limitent à de courtes accélérations, mais malgré le fait que ce ne soit pas le meilleur combattant d’eau douce, les gros spécimens savent opposer force et puissance.

Un gros poisson taillé pour la chasse

Il est enfin là, je le saisit par l’ouïe et constate la taille de ce magnifique sandre. Longiligne avec une énorme tête et une large queue en guise de battoir, ce poisson est en pleine forme pour chasser les ablettes présentes sur le spot.

Une rapide séance photo, décevante compte tenu de l’obscurité et de l’absence d’un appareil adapté, mais qui me laissera un magnifique souvenir.

Je ferai encore quelques poissons, mais l’activité durera tout au plus 30 min et la luminosité s’intensifiant, les sandres fermeront le bec définitivement.

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