Comment pêcher le calamar la nuit ? Techniques, conseils pour réussir

Pêcher le calamar de nuit
Pêcher le calamar de nuit © Laurent Duclos

La pêche du calamar la nuit fait partie des techniques incontournables sur le littoral méditerranéen. Dès le coucher du soleil, ces céphalopodes quittent régulièrement les zones profondes pour se rapprocher des côtes et chasser poissons fourrage et petits crustacés. Digues, ports, plages et pointes rocheuses deviennent alors d'excellents terrains de jeu pour les amateurs d'eging, cette pêche moderne pratiquée avec des turluttes spécialement conçues pour les céphalopodes.

Où pêcher le calamar la nuit ?

Le choix du poste constitue la première clé de la réussite. Les entrées de ports, extrémités de digues, quais profonds, pointes rocheuses et plages proches d'une cassure sont à prospecter en priorité.

Les secteurs bénéficiant d'un éclairage artificiel sont particulièrement intéressants. Lampadaires et installations portuaires concentrent le plancton puis les petits poissons. Les calamars viennent naturellement profiter de cette abondance de nourriture.

Une astuce consiste à ne pas lancer directement sous les éclairages. La frontière entre la lumière et l'obscurité est souvent excellente. Les calamars peuvent rester dans la pénombre avant de fondre sur les poissons évoluant dans la zone éclairée.

Quelle turlutte choisir pour pêcher de nuit ?

Les turluttes de taille 2.5 à 3.5 permettent de répondre à la majorité des situations rencontrées en Méditerranée. Les modèles 2.5 et 3.0 sont intéressants sur les faibles profondeurs ou lorsque les céphalopodes sont de petite taille. Une turlutte 3.5 permet généralement de lancer plus loin et de prospecter efficacement des couches d'eau plus profondes.

La nuit, les coloris rose, orange, violet ou fortement contrastés sont des valeurs à essayer. Les turluttes fluorescentes, UV ou phosphorescentes peuvent également se montrer efficaces. Pour autant, inutile de transformer systématiquement sa boîte en sapin de Noël : dans une eau très claire, un coloris naturel et discret peut parfaitement déclencher les attaques.

La descente, moment crucial de la pêche

Après le lancer, laissez votre turlutte descendre en contrôlant la bannière. Compter les secondes permet de mémoriser la profondeur prospectée. Effectuez ensuite deux ou trois tirées sèches de la canne, récupérez légèrement le mou puis accompagnez la nouvelle descente.

Cette phase est capitale. Le calamar attaque fréquemment lorsque la turlutte ralentit, s'immobilise ou redescend. Une ligne qui se détend brutalement, s'arrête de couler ou se décale latéralement doit immédiatement attirer l'attention.

Le ferrage doit rester mesuré. Contrairement à un poisson, inutile d'effectuer un mouvement violent : une traction progressive et continue permet aux couronnes de la turlutte de prendre correctement dans les tentacules.

Trouver la bonne profondeur

La nuit, les calamars ne sont pas forcément collés au fond. Lorsqu'ils poursuivent les poissons fourrage, ils peuvent évoluer à mi-eau et parfois très près de la surface.

Il est donc préférable de prospecter méthodiquement toute la colonne d'eau. Commencez avec un temps de descente court, puis augmentez progressivement de quelques secondes à chaque lancer. Dès qu'une attaque survient, mémorisez le temps de descente : vous venez probablement de trouver la couche d'eau productive.

Ralentir lorsque les calamars sont méfiants

Une animation agressive peut permettre de repérer rapidement les céphalopodes actifs. Mais lorsque les touches se font rares, il faut savoir changer de rythme.

Essayez des animations lentes, petites tirées et longues pauses. Une turlutte qui évolue tranquillement près du fond peut décider un calamar qui refuse une présentation trop rapide.

Après une première capture, insistez également sur la zone. Les calamars peuvent se déplacer en groupes et plusieurs prises successives sont possibles.

Quel matériel pour pêcher le calamar de nuit ?

Une canne d'eging d'environ 2,40 à 2,60 mètres, associée à un moulinet taille 2500 ou 3000 garni d'une tresse fine, constitue un équipement polyvalent. Un bas de ligne en fluorocarbone complète l'ensemble.

Depuis une digue ou un quai élevé, l'épuisette à long manche devient quasiment indispensable pour sécuriser les beaux spécimens.

Enfin, une sortie nocturne impose quelques précautions. Lampe frontale, chaussures antidérapantes et déplacement prudent sur les rochers sont essentiels. Sur les secteurs exposés, les vagues et les enrochements humides peuvent transformer une excellente session en situation dangereuse.

La nuit, la réussite repose finalement sur trois principes : trouver les poissons fourrage, identifier la bonne profondeur et adapter l'animation. Lorsque ces trois éléments sont réunis, la pêche du calamar à la turlutte peut rapidement devenir particulièrement productive.

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