Adaptabilité et réactivité !
Une zone de pêche magnifique, des conditions météo ensoleillées ponctuées d'un faible coefficient de marée, des conditions de pêche compliquées pour beaucoup, le tout salué par une remarquable victoire du team Rapala / Crushcity. Retour d'expérience sur notre troisième participation consécutive sous l'étiquette Suzuki Fishing Team / Grand Pavois Fishing à cette Sailtica 2026 avec, ce que nous avons fait, ce que nous avons appris et ce qui a payé, afin d'accrocher une 5e place sur les 62 inscrits à ce rendez-vous incontournable de printemps.
Tout d'abord, félicitations aux 62 équipages inscrits et à l'organisation de cette Sailtica Fishing 2026. Un rendez-vous attendu qui se déroulait pour la 3e année à La Turballe, dont on se doit de remercier la présence aux cotés de l'association Festi'Mer, organisatrice de l'événement. Le rendez-vous était fixé les samedi 23 et dimanche 24 mai derniers, avec une zone de pêche englobant Le Croisic au Sud, Piriac et Mesquer au Nord, sans oublier le Plateau du Four et les pourtours de l'île Dumet. Une zone riche entre têtes de roches, embouchures de rias, hauts-fonds, zones profondes, parcs à huitres, ridins de sable, bordures de côtes sablonneuses et/ou rocheuses…
Bref, un panel complet de situations possibles que nous continuons, année après année, de découvrir. 3e édition pour notre Suzuki Fishing Team / Grand Pavois Fishing qui, même si nous avons quelques repères, s'est déroulée d'une manière totalement différente par rapport aux autres années. De fait, nos « habitudes » des années précédentes ont été mises à mal, tellement la zone est riche et diversifiée et les positions de poissons très fluctuantes en fonction des marées, des coefficients, des courants, des températures, des zones de nourriture, des présences de bateaux et des activités nautiques…

Deux jours différents
Avec de faibles coefficients sur les deux jours de compétition, nous avons tous connu peu de dérive, le tout associé à peu de vent et un soleil de plomb… Autant dire que les deux jours de compétition ont été compliqués à gérer et à appréhender pour notre part, nous demandant une réactivité permanente.
Le vendredi de préfishing s'avérera d'une importance capitale. Nous constatons peu de poissons actifs sur nos zones connues dont le plateau du Four et d'autres plus profondes habituellement productives les années précédentes, ce qui nous obligent à partir à la découverte de nouvelles zones de pêche et surtout de tenter de positionner des poissons… actifs. Si l'observation reste prioritaire (chasses d'oiseaux, zones de courant non répertoriées sur les cartes marines, couleurs de l'eau avec énormément de zones de bloom de zooplancton…), il était intéressant d'organiser une réflexion quant à la chronologie des zones et des postes à travailler en fonction des heures de marées, des cartes de courants sur zone et de notre repérage. Schéma en tête, nous nous y tiendrons, mais ce sera l'adaptabilité et la réactivité qui nous sauvera la mise. Explications…
Si nous allons suivre notre schéma établi le premier et le deuxième jour, ce seront les techniques qui feront la différence. De fait, nous allons pêcher le Sud, puis le Nord de la zone, tout en gardant le vaste plateau du Four en joker, pour tenter de déloger quelques gros spécimens et augmenter notre taille moyenne. Nous n'avons pas assez la connaissance du secteur avec des way-points précis de têtes de roche à « poncer » et nous n'avons clairement pas assez d'expérience sur cette vaste zone de pêche. Il nous faut donc s'adapter tant au niveau des spots que des techniques à employer.
Si, dès le début de journée nous touchons un poisson à gratter (au EEly Shad de Major Craft), la différence va se faire ensuite au leurre de surface (Asturie et Patchinko de Xorus), puis à la lame Blade Runner (Illex). Comme beaucoup en début de session, nous pêchons généralement à trois techniques différentes à bord pour déterminer celle qui déclenche et, potentiellement, de trouver le leurre du moment. L'un pêche à la volée, l'autre à gratter, un troisième alterne en surface, en subsurface et cherche… La surface va donc se révéler payante dans un premier temps, puis la lame va nous permettre de toucher des poissons actifs à mi-eau et d'atteindre le quota (ndr, 5 bars de plus de 42 cm).
Nous partirons ensuite à la quête de gros bars afin d'augmenter notre moyenne, fidèles à notre « plan de bataille ». Le EEly Shad, une nouvelle fois, déclenche un gros poisson (70+), mais le fluoro ne résistera pas, en frottant sur les roches après un rush d'anthologie… Nous terminons 12e du jour avec 257 points, soit des poissons de 58, 52, 51,49 et 47. Rapala / Crushcity termine premier de la manche avec 307 points. L'équipage féminin, Flow'Her Fishing EPF révélé au Grand Pavois Fishing 2025 et invité par la Sailtica Fishing, touche le plus gros bar de la manche et de la compétition avec un 82 cm. 50 bateaux sont classés et 147 poissons sont pêchés sur la journée, tous remis à l'eau bien sûr.

Le dimanche sera bien évidemment… différent. Nous pensons réitérer les solutions trouvées la veille mais… rien n'ira. Nous filons sur notre zone productive de la veille, trouvons les détections mais n'arrivons pas à déclencher la moindre attaque. Leurre de surface, lame vibrante, jerkbait avec pauses, pêche à la volée, à gratter avec de petits et plus gros leurres souples, tout y passe… Les poissons sont bien là, mais rien ne les fait bouger. Une fois de plus, c'est l'adaptabilité et la réactivité qui vont payer.
L'un de nous commence à pêcher en linéaire et ce sera la solution du jour. La technique employée sera de se laisser dériver en amont de la détection, de laisser le leurre (EEly Shad ou Black Minnow de Fiiish) prendre contact avec le fond, lentement de suivre la dérive tout en laissant filer la ligne et surtout de ramener à rythme constant au-dessus des poissons positionnés, tout en rasant le fond le plus possible. La technique est trouvée, les leurres sont ciblés et cela nous permettra d'entrer quatre poissons sur cinq. Bien évidemment, cela durera un temps et il nous faut changer de poste.
La lame nous fera entrer le dernier du quota, mais nous nous devons de sortir deux poissons « trop petits » pour augmenter le plus possible notre moyenne. Un 66 cm va être pris en pêchant à la volée en arrivant sur un autre poste et un autre suivra sur le plateau du Four nous permettant d'accrocher 270 points avec un 66, 56, 52, 50 et 46. Ce n'est pas fabuleux certes, mais c'est déjà mieux que la veille et surtout, seulement 35 équipages sont classés sur ce 2e jour de pêche, révélant la complexité de la journée. L'équipage Benabar termine 1er avec 323 points. 108 poissons sont pêchés sur la journée, tous remis à l'eau bien sûr.
Au final, bravo aux teams Rapala / Crushcity (604 points), Fishus Team (594 points), Benabar (578 points) et Lowrance 1 (575 points) qui constitue le Top 4 suivi par notre team. 255 poissons sont pêchés sur les deux jours pour une moyenne générale de 53,95 cm. Quelles conclusions pouvons-nous en tirer en ce qui nous concerne ? Premièrement, il reste important de préparer au mieux toutes les sessions en observant cartes, bathymétrie, courantologie et de s'établir un scénario cohérent et construit avant de prendre le large. Rien n'est pire que de se trouver « perdu » et de pêcher l'eau sans motivation ou objectif.

Deuxièmement, il est important d'effectuer un préfishing de qualité en évitant de matraquer les zones à détections et il ne faut pas hésiter à s'aventurer sur des zones mal ou peu connues. La découverte et la surprise peuvent être là, et c'est clairement ce qui nous sauvera sur ces deux journées complexes puisqu'à 90 %, nous réaliserons nos deux quotas sur des spots méconnus l'avant-veille. Troisièmement, il faut bien évidemment en permanence observer le plan d'eau pour détecter chaque mouvement d'eau (courant, lisse, remous…) et rester en alerte… et enfin, il faut ne pas hésiter, lorsque l'on est deux ou trois sur un bateau à alterner les techniques pour tenter de trouver LA solution et le leurre du moment. Si à chaque équipage ses solutions, ces deux jours de pêche nous le confirmerons puisque ce qui a été valable le samedi, ne l'a pas été le dimanche.
Pour nous, ce seront bien l'adaptabilité et la réactivité qui auront été payantes avec au menu des leurres souples Major Craft et Fiiish, de la lame vibrante de chez Illex et des leurres de surface de chez Xorus. Bref, un vrai menu complet entrée/plat/dessert ! Rendez-vous sans aucun doute l'année prochaine pour ce beau rendez-vous qui monte en puissance d'année en année. Enfin, merci à tous les bénévoles et aux partenaires de la Sailtica Fishing.

Avec Sébastien Mongruel (Suzuki Marine France), Jérôme Taboulet (Way of Fishing) et Pierrick Garenne (Grand Pavois Fishing).
Pierrick Garenne

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