La Commission Européenne révèle les quotas de pêche pour 2016

Le conseil des ministres européens de la pêche s'est tenu les 14 et 15 décembre dernier, réunissant les 28 Etats-Membre de la commission européenne. Après d'intenses négociations, ils sont parvenus à un accord sur les "Taux Admissibles de Capture" (TAC) et quotas pour 2016.

Après de longues discussions, les États membres de la commission européenne sont parvenus à un accord, qui tient compte à la fois de la préservation des ressources et de l'avenir économique de la filière pêche. Cet accord intervient quelques semaines seulement avant la première phase sur l'interdiction des rejets. "Il a été généralement positif pour les bateaux de pêche de poissons à chair blanche et les augmentations de quotas de nombreux stocks reflètent une amélioration considérable de mesures de gestion et mettent en évidence les énormes sacrifices consentis par le secteur" a indiqué Europeche, l'association des organisations nationales d'entreprises de pêche dans l'Union européenne, dans un communiqué.

Pour la Sole de Manche-Est, la France a obtenu que la baisse soit ramenée à -14 %, sur la base du plan de gestion proposé par les professionnels européens, contre -32 % comme le proposait initialement la Commission. Ce niveau permet de tenir les engagements d’atteinte du rendement maximum durable conformément aux objectifs de la politique commune de la pêche.

D'autre part, les TAC sont en hausse : de +15 % pour la sole en Manche Ouest, de +10 % pour la sole en mer du Nord, de +15 % pour le cabillaud en mer du Nord et en Manche Ouest, de +18 % pour le hareng en mer du Nord et en Manche Est.

Pour le bar de la zone Nord, la Commission voulait un moratoire (suspension volontaire) de 6 mois, finalement ramené à 2 mois (février-mars) pour les ligneurs, particulièrement dépendants de cette pêche, ainsi que pour les fileyeurs. En dehors de la période de fermeture, les ligneurs et les fileyeurs pourront pêcher 1,3 tonne par mois, et les autres métiers 1 tonne par mois.

Pour la Sole du golfe de Gascogne, la baisse a été ramenée à -10 % (contre -37 % initialement proposés), conformément aux règles du plan de gestion proposé par les professionnels en 2013. La Commission voulait des baisses importantes pour les autres stocks de cette zone, malgré les données scientifiques limitées. Finalement, les TAC seront reconduits pour la langoustine, le lieu jaune, la baudroie et l'anchois. Le TAC de cardine augmente de 5 % et celui de merlu de 9,5 %.

"Les pêcheurs dans le golfe de Cadix se félicitent de l'augmentation de 26 % de langoustine, de 15,3 % de maquereau et de 10 % de maquereau. Cependant, la réduction de 14 % de lotte va toucher cette flotte particulièrement difficile."

"L'augmentation de 20 % des possibilités pour le thon rouge une fois de plus montre que le rétablissement des stocks effectué au cours des dernières années, avec d'énormes sacrifices consentis par les pêcheurs, a finalement porté ses fruits et a produit d'excellents résultats"

En mer Celtique, la baisse est limitée à 13 % pour l'aiglefin et pour à 10 % le cabillaud. "C'est un coup de poing alors que les scientifiques reconnaissent que le stock de cabillaud est en passe d'augmenter pour 2017." "Les mesures de sélectivité ont été mises en place pour l'églefin depuis 2014 et sera étendue à la suite de la prochaine interdiction des rejets."

Des hausses de TAC sont également prévues : +22 % pour la lingue franche, +25 % pour le chinchard dans les eaux occidentales, +16 % pour le merlan en mer Celtique et en Manche orientale.

Pour la raie, la Commission proposait des baisses, pour toutes les zones jusqu'à 20 %. Mais les TAC ne subissent pas de diminution. Pour la première fois depuis 2009, le TAC de raies pour la Manche orientale augmente (+21 % par rapport au TAC fixé pour 2015), grâce à l'amélioration de l'état des stocks.

Certains de ces quotas pourront être réajustés à la hausse pour tenir compte de l'entrée en vigueur de l'obligation de débarquement à compter du 1er janvier 2016.

"Le résultat atteint ce matin est le meilleur qui aurait pu être obtenu pour de nombreux stocks. Tous nos pêcheurs veulent atteindre les objectifs de la Commission européenne de la Pêche et assurer la durabilité de la pêche, mais nous devons avoir la souplesse nécessaire pour atteindre ces objectifs. Nous sommes énormément déçus par le comportement de la Commission concernant le merlan bleu, qui favorise la Norvège et va à l'encontre des intérêts des flottes européennes " a expliqué Javier Garat, le président d'Europeche.

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Christophe Rouzaire - 18 Décembre 2015
Et pendant ce temps là, on abaisse à une prise par jour et par personne le quota de bar pour un pêcheur/plaisancier en Bretagne... Y a pas un souci?
Arnaud Tiennot - 15 Avril 2016
le point de vue exprimé dans l'article ne reflète que l'avis de la pêche professionnelle. Par exemple, dire que le stock de morue en mer Celtique se rétablit est faux, puisque tous les scientifiques s'accordent sur le fait qu'il y a un énorme doute sur sa survie à 5 ans! Qaunt à se féliciter de la gestion du bar, totalement absurde (fileyeurs autorisés pendant la reproduction, limite au nord du 48eme parallèle, report des pêches sur les frayères du Golfe de Gascogne etc.), il n'y a que les pros qui s'en félicitent, grace à un très fort lobbying. La gestion des pêches en europe a 30 ans de retard sur les USA, la Norvège ou l'Irlande. Et quand on lit que la gestion du merlan bleu favorise la Norvège (qui ne fait pas partie de l'UE!), qui gère conscienceusement ses pêcheries depuis plusieurs décennies, on aperçoit sans peine la mauvaise foi des représentants d'europêche, qui voudrait piller ce qu'ils n'ont pas contribué à préserver.
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